Plus d’un tiers des cliniques dans le rouge en 2012

La situation financière des cliniques privées s'est encore dégradée l'an dernier, comme le montre le rapport annuel de la Fédération hospita­lière privée (FHP). Pas moins de 37% des établissements privés à but lucratif étaient dans le rouge en 2012. C'est pire qu'en 2011 (35%), mais ce n'est pas un record, soulignent Les Echos (page 4). "La situation était encore plus préoccupante en 2010, où près de 45% des cliniques affichaient un résultat négatif."

Lamine Gharbi, président de la FHP-MCO (section médecine, chirurgie, obstétrique), estime dans Le Parisien/Au­jourd'hui (page 11), que cette lente dégradation est "la conséquence d'un financement discriminatoire". Dans les cliniques, les tarifs de remboursement de l'assurance maladie sont "inférieurs en moyenne de 22% à ceux des hôpitaux publics pour des soins identiques". "A pathologie identique, le tarif doit être le même dans le public et le privé", estime Lamine Gharbi, dans Les Echos.

"La situation va empirer", prévoit-il en évoquant "la baisse par arrêté ministériel des tarifs des cliniques en 2013 pour compenser la baisse des charges apportée par le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi". Une "décision scandaleuse" pour la FHP, qui a déposé plainte auprès de la direction de la concurrence de la Commission de Bruxelles, souligne Le Parisien/Aujourd'hui.

Lamine Gharbi dénonce également la dégressivité tarifaire pour les actes pratiqués en grand nombre par les éta­blissements. Pour lui, cette pratique est source "d'inégalités entre établissements [publics et privés] et entre patients". Là encore, un recours a été déposé devant le Conseil d'Etat. "Les tarifs fixés par le gouvernement, quasiment inchangés depuis huit ans, ne permettent pas de compenser l'inflation et des charges qui explosent", conclut le président de la FHP-MCO.

Les nouvelles armes contre le cancer du sein
Le 35e congrès de sénologie, qui s'achève ce soir à Montpellier, a permis de faire le point sur les améliorations dans le domaine du dépistage et des thérapies du cancer du sein, rapporte Le Parisien/Aujourd'hui (pages 12 et 13). La principale innovation réside dans la personnalisation des traitements, qui consiste à adapter le traitement à la tumeur car il n'y a pas un, mais des cancers du sein.

"La mortalité par cancer du sein a baissé de 20% ces trente dernières années, indique le Dr Richard Villet, chef du service de pathologie mammaire à l'hôpital des Diaconesses, à Paris. On atteint au­jourd'hui, tous types de cancer du sein confondus, 85% de taux de survie à plus de cinq ans." "Cela a été rendu possible grâce au diagnostic plus précoce, (…) mais aussi à l'amélioration de la qualité des traitements, que ce soit pour la chirurgie ou la radiothérapie. Il reste 15 %, en revanche, pour lesquels l'espoir de guérison repose sur une meilleure compréhension de la carcinogénèse", poursuit ce médecin.

L'heure est à la "désescalade thérapeutique". "On connait mieux la maladie, on est donc moins agressifs, ce qui ne veut pas dire qu'on soigne moins bien", explique Philippe Rouanet, chirurgien à l'Institut du cancer de Montpellier (ICM) et coordonnateur du congrès de sénologie. La chirurgie mutilante avec ablation du sein n'est plus systématique. On réalise aujourd'hui 25% de mastectomie, contre 40%, il y a dix ans.

John Sutton