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Plan de rigueur : les classes moyennes paieront la facture

"Les classes moyennes et les plus démunis, premières cibles de la rigueur", titre la "une" du Monde, daté de dimanche-lundi. "La suppression de certaines aides et subventions pénalisera des populations défavorisées qui en bénéficiaient jusque-là, et la réduction des avantages fiscaux touchera particulièrement les classes moyennes", estime le quotidien du soir.

Douze milliards d'euros ? 14 milliards ? La "facture austérité" que les Français vont devoir régler à travers les coupes dans les aides sociales et les niches fiscales n'est pas encore définitivement arrêtée, mais elle commence à se préciser. Le ministre du Budget a indiqué la semaine dernière que l'Etat allait "réduire la voilure" en 2011. Une expression pudique pour désigner la suppression de 31.000 emplois dans la Fonction publique, le gel des salaires et les économies de fonctionnement.

Par ailleurs, l'Etat versera 4 milliards d'euros de moins d'aides sociales, d'allocations et autres subventions, tandis que les niches fiscales seront réduites en 2011 de 8,5 à 10 milliards d'euros. Qui va payer la facture ? Les premières annonces du ministre du Budget donnent déjà une petite idée, selon Le Monde (page 10). Le gouvernement va s'attaquer aux aides au logement, à l'emploi d'un salarié à domicile et aux allocations aux handicapés. "Avec ces mesures, ce sont les classes moyennes qui supporteront la part prépondérante de l'effort de consolidation budgétaire", relève Jean-Christophe Caffet, économiste chez Natixis.

"Diminuer les emplois aidés, c'est s'attaquer à un public jeune et peu qualifié, celui qui est en bout de file d'attente à Pôle emploi", renchérit Mathieu Plane, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

Le gouvernement veut ramener ces emplois aidés de 400.000 à 340.000 en 2011, en baissant également la part du salaire payé par l'Etat. Le sociologue Louis Chauvel revient sur les "ennuis", qui pleuvent sur la classe moyenne. Elle "fait déjà face à la déstabilisation de son statut, une paupérisation de ses conditions de logement, des tensions croissantes sur sa consommation, un stress au travail qui s'accroît, mais aussi une forme de marginalisation".

Baisse des tarifs d'analyses médicales
Le gouvernement va imposer aux biologistes une nouvelle baisse de leurs tarifs, indiquent Les Echos (page 4). Cette me­sure sera annoncée à l'automne, lors de la présentation du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2011. Elle pourrait représenter une économie comprise "entre 100 et 150 millions d'euros", selon une source gouvernementale. "Nous sommes furieux", a vivement réagi Jean Benoît, président du Syndicat des biologistes qui vient d'envoyer une lettre de protestation au directeur général de la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam), Frédéric van Roekeghem.

Les biologistes estiment qu'ils ont déjà été mis largement à contribution. Depuis 2009, chaque PLFSS prévoit une centaine de millions d'euros d'économies sur leurs tarifs, sachant que le volume des analyses progresse de plus de 5% par an. La Cnam justifie la baisse des tarifs par les avancées technologiques. "Dix-huit des 20 actes les plus importants en volume et en dépense sont désormais automatisés, ce qui conduit à des coûts marginaux très faibles dans le cas de certaines analyses", soulignait récemment la Cour des comptes. De plus, "le coût unitaire des actes est en France de deux à dix fois supérieur à celui de la Belgique et de l'Allemagne", observe le rapport adopté par le conseil de la Cnam la semaine dernière.
John Sutton