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Plan Fillon 2 : une cure d’austérité générale

Le Premier ministre, François Fillon, a présenté le 7 novembre aux journalistes son second plan anti-déficit. Ce plan, censé rapporter 7 milliards d'euros en 2012, doit permettre un retour des comptes à l'équilibre à l'horizon 2016.

"Faillite", "efforts", "sacrifices". Hier, lors de la présentation de son second plan anti-déficit, le Premier ministre n’a pas lésiné sur les termes. En moins de trois mois, la politique du gouvernement est passée "de l’austérité à la rigueur", juge Libération (pages 2 à 6).

Après son premier plan d’économies de 12 milliards d’euros lancé en août dernier, François Fillon a donc présenté hier "un nouveau train de mesures, censées rapporter 7 milliards dès 2012" et rééquilibrer les comptes publics en 2016. Comme le note le quotidien, les dispositions sont "disparates, touchant les prestations sociales comme l’impôt sur la fortune en passant par quelques économies sur les dépenses de l’Etat et l’assurance maladie".

Pour La Tribune (pages 2 à 5), ce nouveau plan de rigueur est non seulement imposé par la crise mais aussi par les élections de 2012. Les Echos (pages 2 à 6) estiment de leur côté que "la stratégie de Nicolas Sarkozy est claire : faire de la rigueur une rame dans la bataille de la présidentielle, en défendant coûte que coûte la notation triple A de la France et, conséquemment, son indépendance".

Après avoir actionné le levier recettes (les impôts) dans son premier plan, le Premier ministre insiste cette fois sur les dépenses, observent La Croix (pages 2 et 3) et La Tribune. "Le nouveau plan Fillon (...)comporte une mesure surprise sur les retraites", rapporte Le Monde (page 10). En effet, la réforme va être accélérée en portant l’âge légal de fin d’activité à 62 dès 2017, soit un an plus tôt que prévu. L’objectif est d’économiser 100 millions d’euros en 2012, et d’arriver progressivement à 1,3 milliard en 2016.

De nouvelles économies sur l’assu­rance maladie sont également inscrites dans ce plan, avec notamment la révision à la baisse de la progression de l’objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam) en 2012. "Initialement fixée à 2,8%, celle-ci est ramenée à 2,5%, ce qui représente 500 millions d’euros d’économies supplémentaires", indique La Tribune. Selon ce quotidien, l’industrie pharmaceutique devrait réviser à la baisse les prix des médicaments génériques.

D’ici à deux semaines, le gouvernement devrait présenter les mesures permettant cette économie de 500 millions dans le cadre d’un nouveau projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Compte tenu de la révision à la baisse de la croissance (1% au lieu du 1,75%), le PLFSS pour 2012 actuellement discuté au Sénat est donc déjà caduc.

De multiples autres secteurs seront également impactés par ce plan d’austérité : l’immobilier, la restauration, l’hôtellerie, les transports, les services à domicile, les produits culturels, pour ne citer que quelques exemples, vont être touchés par une hausse de la TVA, constate Le Figaro (pages 18 et 19). "A l’exception des produits de première nécessité (alimentaire, abonnements au gaz et à l’électricité) et des services pour les handicapés qui gardent leur taux réduit à 5,5%, toutes les autres classes de produits seront, à compter du 1er janvier, taxées au nouveau taux intermédiaire de 7%", prévient Libération.

Via l’impôt sur le revenu, les particuliers seront également mis à contribution, signale Le Parisien/Aujourd’hui (pages 2 et 3). Chaque année, explique le quotidien, le barème de l’impôt est évalué en fonction de la hausse des prix. Pour 2011 et 2012, il sera gelé afin d’"augmenter l’imposition des personnes dont les ressources progressent". L’objectif de cette "hausse déguisée" est de rapporter 1 milliard d’euros dans les caisses de l’Etat en 2013, puis d’arriver à 2,6 milliards en 2016.

L’Etat compte par ailleurs réaliser des économies sur les prestations sociales. A partir du 1er avril prochain, au lieu de revaloriser les allocations familiales et les aides au logement selon l’inflation (+ 1,75%), le gouvernement va les indexer sur la croissance (+ 1%). Ainsi, note Le Parisien/Aujourd’hui, l’Etat espère réaliser un gain de 400 millions d’euros en 2012.
Frédéric Lavignette