Plan Alzheimer, trois ans après, Nicolas Sarkozy fait le point

Il est temps de faire le point. Nicolas Sarkozy doit se rendre aujourd'hui au CHU de Bordeaux afin d'évaluer les effets des mesures prises en février 2008 lors du lancement du plan Alzheimer.

Programmé pour une durée de cinq ans, rappelle La Tribune (page 5), ce plan de 44 mesures a été doté de 1,6 milliard d'euros dont 1,2 pour le volet médico-social. Il vise notamment à financer la recherche, installer des instituts consacrés aux maladies neuro-dégénératives, "renforcer la coopération entre les différents acteurs régionaux" et bien entendu améliorer la qualité de vie des malades et de leur famille.

Dans un entretien accordé à La Croix (page 11), la présidente de l'association France Alzheimer porte un "regard plutôt positif sur ce plan qui a permis des avancées". Marie-Odile Desana estime en effet que les progrès sont particulièrement notables en matière d'hébergement.

Avant ces mesures, précise-t-elle, "un certain nombre d'établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) avaient des accueils de jour limités à deux ou trois places. Désormais, un décret impose un minimum de six places dans ces Ehpad et de dix places pour les structures autonomes". Et du fait cette obligation, constate-t-elle, les équipes se renforcent.

Toutefois, les familles des 800.000 personnes atteintes par cette maladie incurable estiment que "les choses avancent trop lentement", notamment en ce qui concerne le reste à charge. "C'est très bien de développer de nouvelles structures d'accueil, poursuit Marie-Odile Desana, mais cela ne sert pas à grand-chose si celles-ci restent financièrement inaccessibles."

La question de la prise en charge des personnes âgées dépendantes est précisément au cœur de la campagne du Parti socialiste pour les élections cantonales, rapportent Les Echos (page 3). Pour la secrétaire nationale du parti chargée des personnes âgées, Charlotte Brun, il s'agit de montrer qu'il existe "des solutions intermédiaires entre le domicile et la maison de retraite médicalisée".

Quant au financement des aides aux personnes dépendantes, l'idée d'un droit universel à la compensation de la perte d'autonomie est mise en avant. Contrai­rement à Nicolas Sarkozy qui "fait toujours attention de ne pas prononcer le terme de 5e branche" de la Sécurité so­ciale, souligne le quotidien économique, le PS souhaite mettre en place un nouveau pilier de la Sécurité sociale au même titre que la santé.

Le financement devra donc passer par la sphère publique (Etat, départements, assurance maladie). Pour cela, le PS envisage de rétablir un droit de succession sur les patrimoines les plus élevés et de "solliciter les revenus des retraités les plus aisés", qui "s'acquittent d'un taux de CSG inférieur à celui des actifs". En parallèle, il préconise un financement intégral de l'aide personnalisée d'autonomie (Apa) par l'Etat, et non plus à 70% par les conseils généraux. De la sorte, il espère éviter les inégalités territoriales.

MGEN et Maif relancent leur offre commune
Lancée en 2002, l'offre santé commune de la MGEN et de la Maif pourrait connaître un nouveau souffle en 2011. En effet, indiquent Les Echos (page 24), la première mutuelle de santé française et l'assureur niortais proposent une nouvelle offre déclinée en trois formules avec des niveaux de prise en charge croissants. La création d'une entrée de gamme, "15% moins chère que la formule intermédiaire", également distribuée sur Internet, devrait ainsi leur permettre de toucher une clientèle plus large, en particulier les jeunes, indique le quotidien. Les deux groupes espèrent atteindre 32.000 nouveaux adhérents cette année et 200.000 adhérents dans les trois ans à venir.

Pour le président de la MGEN, Thierry Beaudet, "cette ouverture au grand public est essentielle et parfaitement cohérente avec notre stratégie de développement". Et pour la Maif, il s'agit d'accélérer le rééquilibrage de son portefeuille. Alors qu'il réalise 70% de son chiffre d'affaires en dommages, l'assureur "rêve d'en faire la moitié en assurance de personnes".

Par ailleurs, poursuivent Les Echos, la MGEN est bien engagée dans un autre grand projet. Elle vient en effet de recevoir l'aval de l'Autorité de la concurrence pour créer une union mutualiste de groupe avec la Mutuelle nationale territoriale (MNT), la Mutuelle nationale des hospitaliers (MNH), la Mutuelle générale de l'environnement et des territoires (MGET) et la Mutuelle des affaires étrangères et européennes (MAEE).
Frédéric Lavignette