Pilules contraceptives : nouvel examen

"Diane 35® n'est pas au­to­risé comme contraceptif, c'est un traitement contre l'acné. Il faut trancher pour arrêter cet usage ambigu, et ne pas l'utiliser comme contraceptif", a rappelé hier Dominique Maraninchi, directeur de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) qui s'est réunie hier. "C'est la responsabilité de l'agence de faire respecter les indications des médicaments", a-t-il ajouté, rapporte Le Parisien/Au­jourd'hui (page 8). Selon ce quotidien, "les débats ont été animés" lors de cette réunion consacrée à l'ensemble des contraceptifs oraux commercialisés en France.

"Pas de suspension pour Diane 35®", titre Le Figaro (page 13) pour annoncer la décision de l'agence de ne pas interrompre sa commercialisation. Une attitude qui peut surprendre, voire choquer, mais qui s'explique par le fait que ce médicament bénéficiant d'une autorisation de mise sur le marché (AMM) européenne, seule l'Agence européenne du médicament (Ema) est habilitée à prendre une telle décision.

L'Ema, basée à Londres, a annoncé hier qu'elle réexaminera le dossier des pilules contraceptives de 3e et 4e générations à la demande de la France, indiquent Les Echos (page 17). Ce réexamen doit "permettre de déterminer s'il est nécessaire de restreindre l'usage de ces médicaments aux femmes qui ne peuvent pas prendre d'autres contraceptifs oraux combinés" (pilules oestro-progestatives), a ajouté l'Ema. Le risque de thrombo-embolies veineuses (formation de caillots sanguins) est très faible : de 20 à 40 cas pour 100.000 femmes et par année d'utilisation. Mais "il y a un risque plus élevé pour les pilules de 3e et 4e générations", selon l'agence sanitaire européenne.

"Pilule : liberté sur ordonnance", titre Libération en "une". Le journal donne la parole à quatre générations de femmes. Parmi elles, la gynécologue Joëlle Kaufmann rappelle que l'arrivée de la pilule a provoqué "un changement incroyable, libérant la femme". Mais elle constate également "un petit peu plus d'accidents avec les nouvelles pilules". Pour cette médecin, il n'y avait "aucune raison de prescrire ces pilules-là en première instance", d'autant plus qu'"elles coûtaient plus cher et qu'elles n'étaient pas remboursées".

Gérard Bapt, député socialiste et spécialiste des questions de santé, estime que Diane 35® n'est pas un cas isolé de mauvaise utilisation d'un médicament. Pour lui, comme il l'explique dans Le Parisien/Aujourd'hui (page 8), cette affaire est "symptomatique du dysfonctionnement de notre système de prescription". Pour illustrer son propos, il cite le Mediator®, un antidiabétique détourné comme coupe-faim, ou la Ritaline®, antiépileptique utilisé comme traitement de l'hyperactivité chez les enfants, ou encore le Prozac® "donné à tort et à travers", aux grands dépressifs comme à "ceux qui ont un petit coup de fatigue…".

Emplois d'avenir : Benoit Hamon mise sur l'économie sociale
"Aujourd'hui, un emploi d'avenir sur deux est créé par l'économie sociale et solidaire, on devrait rester sur cette proportion", estime Benoit Hamon, ministre délégué chargé de ce secteur. Soit 50.000 postes en 2013, sur les 100.000 programmés, selon Les Echos (page 3).

La mobilisation des entreprises du secteur est d'autant plus importante que le gouvernement compte beaucoup sur elles pour réussir son programme des emplois d'avenir. "Les gisements d'emploi sont là, il faut orienter intelligemment les choix politiques pour soutenir les projets", souligne le ministre, qui met en avant le triptyque "investissements d'avenir, Banque publique d'investissement et emplois d'avenir".

Malgré la crise, le nombre de projets de recrutement dans l'économie so­ciale est resté stable, constate Pôle emploi dans son enquête annuelle. Il devrait rester important, car l'économie so­ciale connaîtra 600 000 départs en retraite d'ici à 2020, selon le rapport du Credoc qui sera présenté ce matin à Bercy, en présence de nombreux acteurs de l'économie sociale.

John Sutton