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Pilule de 3e génération : des risques négligés

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, présente ce matin le plan qu'elle compte mettre en place pour réduire la prescription des pilules de 3e gé­nération et plus. Au centre des débats depuis le dépôt de plainte, en décembre dernier, d'une jeune femme victime d'un accident vasculaire cérébral (AVC), ces pilules contraceptives sont aujourd'hui à nouveau dans la ligne de mire de plusieurs de vos journaux.

Sur trois pages d'enquête, Le Monde (pages 2 à 4) tente en premier lieu de mettre en évidence l'existence de "liens étroits entre les laboratoires et certains gynécologues médiatiques", laissant entendre que le système de surveillance du médicament a une nouvelle fois fait défaut, comme dans l'affaire du Mediator®.

Pendant des mois, avance ainsi le quotidien, ces experts "n'ont cessé d'assurer que les pilules de 3e et 4e générations présentaient moins d'effets secondaires que les précédentes et étaient mieux tolérées par les femmes". A force d'interventions sur les scènes médiatiques et scientifiques, de publications et de rapports, ceux-ci sont parvenus à exposer les avantages de ces contraceptifs, qui avaient suscité au départ des doutes sur leur balance bénéfices/risques.

De fait, note La Croix (page 7), la prise de ces pilules comporte des risques dont le principal est celui de la thrombose veineuse, laquelle peut entraîner un infarctus du myocarde ou encore un AVC. Sur 10.000 femmes et sur un an, écrit le quotidien, on estime entre 0,5 et 1 cas le nombre de thromboses veineuses chez les femmes n'utilisant pas de contraceptif. Or ce chiffre est multiplié par 2 avec une prise de pilules de 3e et 4e générations.

Le risque a été "jugé suffisant pour que le ministère demande à ce qu'on ne prescrive plus en premier choix" ces pilules qui seront donc déremboursées à partir du 31 mars, indique le journal. Certains praticiens plaident même pour aller plus loin : jusqu'à l'interdiction de ces pilules. La Fédération des médecins de France (FMF) est de ceux-là : le mercredi 9 janvier, elle a en effet annoncé qu'elle allait se retourner contre l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) afin d'obtenir le retrait pur et simple de l'autorisation de mise sur le marché (AMM).

L'ANSM, de son côté, se voit reprocher de n'avoir pas tiré de signal d'alarme. D'après Le Monde, celle-ci "aurait reçu en tout et pour tout la notification de 133 accidents thromboemboliques et de 122 accidents vasculaires cérébraux (AVC) pour l'ensemble de ces pilules pourtant prises par 2,5 millions de femmes en 2012".

"Au regard des informations qui remontent ces dernières semaines", enchaîne Libération (pages 16 et 17), ce chiffre d'incidents paraît peu élevé. Il montre néanmoins plusieurs choses, notamment que les médecins prescripteurs n'ont pas respecté les quelques mises en garde formulées en 2007 par la Haute Autorité de santé (HAS) sur ces pilules. De même, ce chiffre d'accidents souligne que les médecins prescripteurs "n'ont sans doute pas été enclins à signaler des accidents susceptibles d'être liés à leur prescription". En d'autres termes conclut Le Monde, cette affaire démontre que "la surveillance des médicaments [est] à nouveau prise en défaut".

Pour le Pr Bernard Bégaud, interrogé dans Libération, les dernières crises sanitaires qu'a connues la France ces dernières années ont une chose en commun : "Elles sont l'expression publique de problèmes que l'on connaissait depuis des années, auxquels nous n'avons pas prêté attention, et que nous avons laissé monter en puissance, sans prévention ni attention." Car, pour les pilules de 3e et 4e générations, "nous discutons aujourd'hui de leur place, de leur remboursement, voire de leur retrait, alors que le problème est connu depuis 1995".

Divisions patronales sur la complémentaire santé en entreprise
La négociation sur la sécurisation de l'emploi se poursuit aujourd'hui et rien ne garantit qu'un accord soit conclu en fin de journée. En effet, plusieurs points divisent toujours les syndicats de salariés aux représentants du patronat, en particulier la question de la taxation des contrats courts. Autre point d'achoppement, observe Le Figaro (page 18) : le patronat a introduit un nouvel article au texte qui propose d'instaurer "un ordre de licenciement" en fonction des compétences dans les plans sociaux

Toutefois le plus gros "clash" a eu lieu au sein même du camp patronal, ajoute le quotidien, sur la question de l'extension de la complémentaire santé en entreprise. Comme le rapportent également Les Echos (pages 4 et 5), l'Union professionnelle artisanale (UPA) s'est insurgée contre le fait que le Medef s'oppose à ce que les branches professionnelles puissent choisir l'opérateur qui gèrera le dispositif de complémentaire santé pour tous.

Selon le Medef, rapporte le quotidien économique, l'UPA "refuse la concurrence entre les mutuelles, assureurs et institutions de prévoyance", car elle souhaite favoriser ces dernières qui sont gérées par les représentants des entreprises et des salariés. D'après Libération (page 23), Force ouvrière (FO) soutient l'UPA. Selon FO, le projet est inacceptable, car "il livre le marché de la complémentaire santé aux sociétés d'assurance".

Frédéric Lavignette