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Pilule anti-obésité : des précautions nécessaires

A la veille de la commercialisation de la première pilule anti-obésité vendue sans ordonnance, la polémique est déjà entamée. Le Parisien/Aujourd'hui préfère donc mettre en garde ses lecteurs avant une utilisation incontrôlée de ce médicament. Alli®, signale le quotidien (page 2), n'est pas inconnu des spécialistes de l'obésité puisqu'"ils utilisent son principe actif, l'orlistat, depuis plus de dix ans sous une forme plus fortement dosée". Jusqu'alors toutefois, le patient devait subir un examen médical pour se voir prescrire l'orlistat.

Distribué par GlaxoSmithKline, Alli® sera désormais disponible en pharmacie. Certaines dérives sont par conséquent redoutées, même si le produit n'est "pas en libre accès" mais conservé "derrière le comptoir". A deux mois des vacances par exemple, certains se demandent si Alli® ne va pas être utilisé pour supprimer quelques petits kilos de trop, à la manière des produits amaigrissants.

Selon Le Parisien/Aujourd'hui, une lourde responsabilité pèsera sur le pharmacien. C'est lui qui aura la charge de "vérifier si vous répondez bien aux indications de ce médicament, si votre indice de masse corporelle (IMC) est supérieur ou égal à 28. Il doit vous soumettre à une batterie de questions sur vos antécédents médicaux". Formés par le laboratoire, les pharmaciens ont le droit de refuser la vente de ces gélules dont le traitement pour un mois revient à 59,90 euros.

A ce sujet, relève le professeur Arnaud Basdevant, chef de service de nutrition au CHU La Salpêtrière, quelques questions se posent : il est en effet "essentiel de savoir si les pharmaciens seront en mesure de fournir des renseignements pertinents, si le laboratoire informera loyalement les consommateurs et si l'agence du médicament pourra assurer une vigilance en matière de prescription".

Au rang des renseignements pertinents, il faut justement noter que cet anti-obésité n'a qu'une efficacité "modeste". En six mois de traitement, il peut certes permettre à des adultes de perdre 4,4 kg, mais ceux-ci doivent en parallèle suivre un régime strict et pauvre en calories, et pratiquer une activité sportive régulière.

Mais attention, prévient Le Parisien/Aujourd'hui, Alli® est interdit aux moins de 18 ans, aux femmes enceintes ou qui allaitent et "il peut avoir des interactions avec d'autres médicaments en diminuant leur efficacité". Il est notamment incompatible avec un traitement antirejet de greffe à base de ciclosporine ou un anticoagulant oral.

Par ailleurs, les personnes traitées pour un diabète ou un excès de cholestérol doivent, tout comme celles qui prennent de l'amiodarone pour les problèmes de rythme cardiaque, consulter avant d'en consommer. Cette recommandation est aussi valable pour les patients sous antihypertenseurs.

Ceux qui, malgré tout, choisiront cette pilule doivent enfin savoir que son action peut déclencher certains troubles si le régime pauvre en graisse recommandé n'est pas respecté. En particulier des problèmes gastro-intestinaux, des diarrhées, des maux de ventre ou des flatulences…

Sida : le dépistage comme arme de défense
Les patients infectés par le sida vieilliraient de façon accélérée. Selon une série d'études présentées hier par l'Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS), ce phénomène donne lieu de la sorte à une situation paradoxale.

En effet, note Libération (page 15), dans les pays riches, alors que l'espérance de vie des personnes atteintes par le virus tend à rejoindre celle des personnes non infectées, un vieillissement prématuré des patients est notable. Beaucoup d'entre elles sont atteintes de maladies liées à l'âge, avec des risques cognitifs élevés, comme une baisse de la mémoire, ou encore développent des cancers.

Par ailleurs, souligne Willy Rozenbaum dans un entretien au quotidien, le dépistage reste la meilleure des armes contre le sida. Pour le président du Conseil national du sida, il doit devenir "un outil de prévention", car "la connaissance du statut sérologique vous engage ensuite dans un traitement qui, lui, va diminuer les risques de transmission". En effet, aujourd'hui, un séropositif bien traité a un risque très faible de contaminer son partenaire, précise Libération. C'est pourquoi, estime Willy Rozenbaum, le corps médical doit banaliser le dépistage, voire le proposer "systématiquement".

Frédéric Lavignette