Pétition contre la taxe sur la santé : les mutuelles veulent aller plus loin

La pétition de la Mutualité Française contre la "taxe sur la santé" remporte l’adhésion pleine et entière des militants mutualistes réunis à Tours les 6 et 7 octobre pour les Journées de rentrée des mutuelles. Mais les mutualistes ne comptent pas en rester là et envisagent d’autres leviers d’action.

Les mutuelles amplifient leur mobilisation pour la défense de l’accès aux soins. Principal sujet de mécontentement : le doublement de la taxe sur les contrats santé solidaires et responsables (TCA) décidé par le gouvernement. Près d’un millier de militants mutualistes sont réunis à Tours les 6 et 7 octobre pour les Journées de rentrée de la Mutualité Française. Et ils entendent bien "ne pas subir sans réagir" à cette "atteinte aux droits des Français" ! A cet égard, tous ont salué "le geste fort " que représente la pétition contre la taxe sur la santé, lancée le 26 septembre.

Le président de la Mutualité Française, Etienne Caniard, se félicite que cette pétition soit désormais relayée par plusieurs acteurs sociaux de premier plan. "Nous ne sommes plus seuls", souligne-t-il. "Sept syndicats réclament avec nous l’abrogation de cette taxe, et d’autres comptent le faire aussi. La Ligue des droits de l’homme a également relayé notre message." Forte de ces soutiens, la Mutualité Française "encourage les unions régionales à faire signer la pétition à l'occasion des manifestations lors de la journée nationale d'action interprofessionnelle du 11 octobre".

Une "grève de la taxe" ?
La santé doit prendre toute sa place au cœur du débat électoral de 2012. C’est pourquoi plusieurs responsables mutualistes souhaitent aller encore plus loin. "La pétition nous paraît trop timide face à la gravité de l’événement", lance Robert Lajoie, président d’Identités Mutuelle. "Cette taxe injuste et insupportable, qui aggrave les inégalités sociales, nous semble justifier un recours au Conseil d’Etat."

"Nous voulons défendre l’égalité d’accès des Français aux soins", rappelle la Mutualité Française. Cette volonté est d’autant plus forte que la France "traverse une crise sociale profonde". Plus d’un Français sur trois déclare renoncer à des soins pour des raisons financières. Dans cette crise, "les mutuelles se voient attribuer le mauvais rôle, celui de collecteurs d’impôt", martèle Etienne Caniard.

Le doublement de la taxe sur les contrats d’assurance (TCA) appliqués aux mutuelles entraînera l’obligation d’augmenter les cotisations des adhérents. "Nous devenons des acteurs de la dégradation de la qualité et de l’accès aux soins", déplore Etienne Caniard. Pire : cette taxe, qui n’est portée que par les mutuelles, "contient un germe de dérégulation du marché de la santé."

Porter la santé au cœur des débats
"Nous devons plus que jamais réaffirmer la mutualisation solidaire des risques", exhorte Etienne Caniard, dénonçant la vision "à court terme, dénuée de sens, d’ambition et de confiance dans l’avenir" des gouvernements qui se sont succédé depuis 2002. Il ne s’agit pas de prendre parti politiquement : "La santé n’est pas une affaire politique mais un véritable problème de société", conclut Etienne Caniard. "C’est sur le fond, non sur la forme, qu’il faut avancer nos arguments." C’est pourquoi, au-delà de la contestation, la Mutualité Française va lancer lors de ces Journées de rentrée ses "propositions sur l’avenir de la santé en 2012". Il s’agit de porter au cœur des débats électoraux ce sujet d’une importance cruciale : l’avenir de la protection sociale de tous les Français.

Alexandra Capuano