Perturbateurs endocriniens : une « menace mondiale » pour la santé

Après vingt ans de recherche, la responsabilité des perturbateurs endocriniens sur le dérèglement du système hormonal commence à peine à être comprise par les scientifiques. Et déjà, grâce à leurs découvertes certaines de ces substances chimiques vont être interdites dans la composition de plusieurs de nos produits de consommation.

Le plus connu de ces perturbateurs est le bisphénol A, rappellent Les Echos (page 11). En 2010, à la suite de nombreux débats, la France a décidé de le bannir des biberons. Depuis le 1er janvier 2013, c'est l'ensemble des contenants alimentaires pour bébés qui est concerné par cette interdiction, également étendue, à compter de 2015, à tous les contenants alimentaires (boîtes de conserve, barquettes en plastique…). A noter que d'autres molécules cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR) seront également bannies de ces contenants à partir de 2015.

A lui tout seul, le bisphénol A est suspecté d'être responsable de nombreux effets nocifs, notamment sur la fertilité ou le développement des nourrissons. Les études faites sur l'animal indiquent que cette substance ne serait pas étrangère à l'apparition de troubles du comportement (hyperactivité, déficit d'attention, anxiété), au développement de l'obésité, à l'avancement de la puberté des femelles ou encore à l'existence d'anomalies congénitales.

Une récente étude, ajoute le quotidien économique, a montré de "splendides corrélations" entre la consommation de poissons infectés et la baisse du quotient intellectuel des jeunes enfants, tandis qu'une autre met en corrélation l'"exposition à cette substance et des déformations de l'oreille interne aux premiers stades du développement".

Le professeur Vincent Laudet, directeur de l'Institut de génomique fonctionnelle de Lyon, préfère évoquer la "suspicion de danger" à la "preuve", car, selon lui, "il y a peu de chances qu'on démontre un jour le lien de causalité chez l'homme, vu la complexité des cocktails auxquels nous sommes exposés quotidiennement".

Pour autant, dans un récent rapport, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) se montre plus catégorique, n'hésitant pas de son côté à qualifier l'ensemble de ces substances de "menace mondiale" pour la santé et l'environnement. Pour l'endocrinologue Patrick Balaguer, l'impact sur la santé de l'homme ne fait aucun doute :

"Ces perturbateurs, déclare-t-il, interagissent avec le fonctionnement des glandes endocrines, soit en imitant l'action d'hormones naturelles comme les œstrogènes ou la testostérone, soit en bloquant leur expression, soit encore en modifiant les concentrations naturelles (en agissant sur la synthèse, le transport, le métabolisme et l'excrétion)."

En raison de ce parasitage des cellules, observent Les Echos, les programmes normalement lancés par l'ADN sont perturbés au point d'interférer sur la pousse des poils, la force musculaire ou la mue de la voix ou de laisser apparaître des pathologies délétères comme le diabète ou l'obésité. C'est à cette dernière question que le réseau environnement santé (RES) et la Mutualité Française consacreront un colloque, le 4 avril, à l'Assemblée nationale. Pro­gramme et inscription avant le 25 mars sur le site Internet du RES (reseau-environnement-sante.fr) ou à l'adresse colloque.ecod@gmail.com.

Lancement du contrat de génération
Le décret d'application de la loi créant les contrats de génération est paru samedi au Journal officiel. En d'autres termes, la 33e promesse du candidat socialiste pendant la campagne à l'élection présidentielle est entrée en vigueur.

En réalité, note Le Parisien/Au­jourd'hui (page 8), François Hollande a déjà inauguré à Blois, le 4 mars, ce nouveau dispositif qui vise à favoriser l'emploi des jeunes. Son principe repose sur le "donnant-donnant", indique le quotidien. En effet, une aide de 4 000 euros par an est accordée aux entreprises de moins de 300 salariés embauchant en contrat à durée indéterminée (CDI) un jeune de moins de 26 ans.

Pour en bénéficier, l'entreprise est cependant soumise à une double contrainte. D'abord, le poste du jeune travailleur doit correspondre à "au moins 80% d'un poste à temps complet". De plus, pour toute embauche d'un jeune, l'entreprise doit conserver en poste un salarié de plus de 57 ans ou recruter un senior de plus de 55 ans.

Dans les faits, précisent Les Echos (page 3), "le contrat de génération ce sera opérationnel immédiatement que pour les entreprises de moins de 50 salariés". Les sociétés de 50 à 299 salariés devront pour leur part négocier un accord ou attendre que leur branche en ait conclu un, pour être éligible à ce contrat de génération. "Le caractère incitatif de la mesure est renforcé par le fait qu'elle pourra se cumuler avec d'autres dispositifs publics, ajoute le quotidien économique, en particulier les allégements de charge sur les bas salaires et le crédit d'impôt compétitivité emploi."

Le gouvernement s'attend à une embauche annuelle de 100.000 personnes, et au maintien d'autant de seniors. Pour cette année, le temps de lancer le dispositif, 80.000 postes pourraient être créés, pour un coût de 180 millions d'euros. A l'horizon 2016, la facture s'élèvera à 1 milliard d'euros par an si l'objectif annuel de 100 000 embauches est rempli.
Frédéric Lavignette