Personnes âgées dans les maisons de retraite : en finir avec la maltraitance

La secrétaire d’Etat à la Solidarité, Valérie Létard, a annoncé hier l’augmentation des inspections surprises dans les maisons de retraite et le renforcement de la formation des personnels. Objectif : mieux protéger les personnes âgées ou handicapées accueillies en établissements. "Aujourd’hui, la plupart des inspections sont programmées, demain je veux que les contrôles surprises soient majoritaires : ils passeront désormais de 50% à 80%", a précisé Valérie Létard en présentant son plan "Bientraitance des personnes âgées".

"Ce n’est pas la multiplication des contrôles inopinés qui va changer les choses, mais le contrôle ciblé de certains établissements pour lesquels on demande la fermeture depuis quinze ans !", réagit vivement dans Le Figaro (page 10) Pascal Champvert, président de l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA). Il estime à 3 ou 4% le nombre d’"établissements indignes" en France. Une analyse contestée par Valérie Létard, dans un entretien paru dans le journal La Croix d’hier (page 2) : "Chaque année, nous fermons une centaine de maisons de retraite. Dans certains cas, cette décision est liée à une situation de maltraitance, ou plus souvent, à des problèmes de vétusté ou de mise aux normes." En 2005, 311 cas de maltraitance vis-à-vis de personnes âgées ou handicapées en établissements spécialisés ont été signalés aux Ddass.

"A partir de l’an prochain, tous les établissements devront remplir un questionnaire d’autoévaluation sur leurs pratiques", a annoncé la secrétaire d’Etat. Ces questionnaires devront être remplis par le directeur, le médecin et l’infirmière coordonnatrice, ainsi que par le conseil de vie sociale où siègent les familles. "Cela permettra de savoir, par exemple, combien de personnels ont reçu des formations sur la bientraitance", a-t-elle expliqué. De plus, "en cas d’incohérence évidente dans le remplissage du questionnaire, l’établissement fera l’objet d’une “enquête flash” des Ddass".

La secrétaire d’Etat a promis de mobiliser sur trois ans "132 millions d’euros pour former 250.000 professionnels à ces techniques d’accompagnement personnalisé". Seront concernés en priorité les personnels "en contact quotidien avec les résidents", comme les infirmières, les aides-soignantes, les agents de service et les personnels paramédicaux. Le coût de cette dernière mesure sera pris en charge par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) et par les organismes collecteurs de la formation professionnelle.

Journée du refus de la misère
Avec un salaire de 1.700 euros et 150 euros de pension alimentaire, Marie-Dominique Bonne, aide-soignante à l’hôpital de Reims et mère de deux adolescentes, gagne trop peu pour vivre normalement, comme elle l’explique dans Le Monde (page 3). Mais elle gagne trop pour avoir droit aux prestations sous conditions de ressources : APL, allocation de rentrée scolaire, ... Ainsi, Marie-Dominique Bonne est l’illustration de cette nouvelle pauvreté, alors que se déroule aujourd’hui la Journée internationale du refus de la misère, organisée par l’association ATD-Quart Monde. Dans Libération (page 17), cette association critique le projet du gouvernement de modifier le calcul du seuil de pauvreté, comme il l’a déjà fait pour le chômage.

Selon Véronique Davienne, d’ATD-Quart Monde, si on appliquait ce nouveau baromètre à la période 2000-2005, "il en ressortirait une diminution de 22% du nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté monétaire. Or, les associations engagées dans la lutte contre l’exclusion n’ont pas du tout constaté cela sur le terrain. La pauvreté a tendance à empirer". Véronique Davienne estime qu’"il est indispensable de prendre en compte d’autres indicateurs", parmi lesquels "l’accès aux soins".

John Sutton