Patrons d’entreprise : le Medef adopte des règles de bonne pratique

En pleine crise financière, le capitalisme veut regagner un peu de moralité aux yeux de l’opinion. La présidente du Medef, Laurence Parisot, a annoncé hier l’adoption de règles qui doivent mettre fin aux indemnités abusives des patrons d’entreprises ayant échoué dans leur management et garantir un meilleur encadrement des stocks options.

Ainsi, dit-elle dans La Tribune (page 24), "la France va disposer du code de gouvernement d’entreprise le plus équilibré, efficace et éthique que l’on puisse trouver dans le monde occidental". Récemment, rappelle le quotidien, le chef de l’Etat demandait que les dirigeants d’entreprises ne puissent pas prétendre à un parachute doré "lorsqu’ils ont commis des fautes ou mis leur entreprise en difficulté". C’est "exactement ce que prévoient les nouvelles recommandations patronales", analyse Jean-Christophe Chanut.

Concrètement, explique Le Monde (page 16), le Medef et l’Association française des entreprises privées "ont enjoint les sociétés cotées d’adopter un code de gouvernance dans lequel figurent des mesures très précises. La plus spectaculaire est l’interdiction pour un patron de toucher une indemnité de départ". Désormais, poursuit Le Parisien/Aujourd’hui (page 8), le Medef recommande donc que les indemnités de départ ne soient plus autorisées qu’en cas de "changement de contrôle ou de stratégie d’une entreprise".

De plus, ceux-ci devront être plafonnés en fonction des critères de performance du dirigeant et ne pourront dépasser "l’équivalent de deux ans de rémunération, qu’il s’agisse de salaires fixes ou variables". Le patronat précise également que les avantages liés à la retraite ou à l’achat d’actions devront être définis à l’avance et encadrés. Selon Libération (page 8), "toutes ces dispositions doivent être transparentes et soumises à l’assemblée générale des actionnaires lors de la désignation du dirigeant ou du renouvellement de son mandat".

Ces mesures semblent intervenir à un moment opportun. En effet, au-delà de la panique financière, le climat social devient de plus en plus tendu, comme le signalent Les Echos (page 11) à l’appui du baromètre de l’association Entreprise & Personnel. Selon cet indicateur, "dans les prochains mois, toutes les composantes d’une crise sociale risquent d’être présentes". Et le quotidien d’énumérer : la "faible adhésion de l’opinion" au pouvoir en place, "l’absence d’alternative politique crédible", la montée de la conflictualité dans des entreprises et, enfin, la "contestation rampante" dans le secteur public.

Les défilés de protestation qui devraient accompagner aujourd’hui la Journée mondiale en faveur du travail décent seront un autre signe de ce mécontentement social. A l’échelle de la planète cette fois.

Nobel de médecine : hommage à la recherche française
Le prix Nobel de médecine a récompensé hier deux scientifiques français pour leurs travaux sur le sida. Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier sont récompensés pour leur découverte du virus du sida en 1983 à l’Institut Pasteur. De son côté, rapporte Le Figaro (pages 10 et 11), l’Allemand Harald zur Hausen a également été honoré pour ses recherches liées au cancer du col de l’utérus. "C’est la première fois que des chercheurs français reçoivent le prix Nobel de médecine depuis 1980", commente ce quotidien.

Pour le directeur de l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites (ANRS), Jean-François Delfraissy, ce prix Nobel est une "excellente nouvelle pour la recherche française". Dans Libération (pages 12 et 13), ce médecin espère que cette récompense "va donner un coup de fouet à l’investissement français et humain dont la recherche sur le sida a un besoin urgent".

Bien sûr, les progrès ont été réalisés grâce à la découverte des antirétroviraux, "qui ont permis de transformer cette maladie aiguë en maladie chronique dans les pays riches". La diffusion des génériques améliore également l’"accès aux molécules". Mais il n’empêche qu’"on manque toujours de moyens de prévention efficaces". Dans le monde, 35 millions de personnes sont porteuses du sida. Seuls 3 millions de malades sont traités, alors qu’"une dizaine de millions d’autres en ont besoin de façon urgente", signale-t-il. En 2007, 2,5 millions de personnes ont été contaminées.

Frédéric Lavignette