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PLFSS 2012 : l’industrie pharmaceutique mise à contribution

Dans une actualité économique tourmentée, le gouvernement continue de chercher de nouvelles sources de réduction des dépenses. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2012, qui sera présenté le 22 septembre, prévoit un éventail de mesures qui visent à réaliser "2,2 milliards d'euros d'économies", annonce Vincent Collen dans Les Echos (page 11).

Parmi les mesures envisagées figurent les baisses de prix de médicaments. Grâce à celles-ci, une économie d'un montant de 700 à 800 millions d'euros pourrait être effectuée. En ciblant les médicaments, "l'exécutif profite des conséquences du scandale du Mediator®, qui rend peu audible les arguments de l'industrie" pharmaceutique, analysent Les Echos. De surcroît, poursuit le quotidien économique, le gouvernement "ne veut pas annoncer de nouvelles mesures touchant directement au portefeuille des assurés" au moment où "l'argument des mu­tuelles, qui affirment qu'elles seront obligées de répercuter (la taxe sur les contrats d'assurance) sur leurs tarifs, a porté dans une partie de l'opinion", analysent Les Echos.

Parmi les autres mesures envisagées : le déremboursement des médicaments à 15%, le relèvement de la taxe spéciale dont s'acquitte l'industrie pharmaceutique pour financer l'Agence du médicament, la baisse du tarif de certains professionnels, énumèrent Les Echos.

L'image dégradée de l'industrie pharmaceutique auprès de l'opinion devrait empirer avec l'affaire de la pénurie des médicaments. "Sur les 5.600 médicaments vendus en France, plus de 300 ont déjà subi des ruptures d'approvisionnement et une quinzaine sont touchés en permanence", indique France-Soir sur son site Internet.

Ces ruptures ont concerné tout d'abord les pharmacies hospitalières mais concernent désormais les officines de villes. Elles concernent des "anticancéreux, hypnotiques, antidiabétiques, antihypertenseurs, anticholestérol, antirétroviraux, mais aussi suppositoires contre la toux ou pilules contraceptives", détaille France-Soir. Motif de cette pénurie : "Ces produits ne sont plus fabriqués ou distribués, car les laboratoires pharmaceutiques ne les jugent pas assez rentables."

La fronde se poursuit contre la TCA
Les mutuelles et les associations d'usagers continuent de protester contre le doublement de la taxe sur les conventions d'assurance, votée définitivement par le Parlement le 8 septembre. En réponse à l'opinion répandue au sein de la majorité gouvernementale sur l'importance des réserves des mutuelles, le président de la Mutualité Française, Etienne Caniard, s'exprime sur le site liberation.fr. "Quand le baril de brut augmente, les prix à la pompe aussi. Et bien là, c'est pareil", explique-t-il dans un article mis en ligne le 12 septembre.

Dans cet article, la présidente de la Mutuelle familiale, Léonora Tréhel, explique que les mutuelles ont "l'obligation d'équilibrer [leurs] résultats et de mettre une partie de l'argent de côté, c'est ce qu'on appelle les provisions. C'est légal, nous ne pouvons pas nous servir dans les réserves". Egalement présidente de la Mutualité française Ile-de-France, elle fustige le fait qu'on "n'augmente pas la TVA sur les parcs d'attraction et les hôtels de luxe, et à côté de ça, on va taxer la maladie. On marche sur la tête".

De son côté, le président du collectif interassociatif sur la santé (Ciss) s'inquiète : "Si les prix [des complémentaires santé] augmentent encore, beaucoup de ménages ne pourront plus se payer une couverture maladie ou choisiront une protection plus faible". "A défaut de pouvoir se payer une bonne complémentaire, les malades ont tendance à retarder, ou même renoncer, à l'accès aux soins", avertit Christian Saout.

Les banques en crise
Les banques françaises sont "dans une spirale infernale", titrent en "une" Les Echos. "Arrêtez le massacre !", lance, toujours en "une", La Tribune. "Banques, pourquoi il faut tout changer", titre de son côté L'Humanité. Les difficultés du secteur bancaire dominent l'actualité économique du fait d'un nouveau dérapage de leur valeur, hier, en Bourse. "Les valeurs françaises perdaient 10% lundi matin", indique Le Monde (page 14).

Pour quelles raisons ? Libération (page 2) fournit le motif de ce dévissage. "Exposés à la dette d'Athènes et à un éventuel défaut de paiement, les établissements français se sont effondrés hier en Bourse." La peur des marchés ne s'est pas encore propagée puisque, selon Le Figaro (page 22), "les épargnants ne paniquent pas mais s'inquiètent quand même des risques".

La question de la pérennité de l'euro est posée avec une insistance de plus en plus forte Ainsi, Les Echos (page 9) publient une page spéciale sous le titre "Sortie de l'euro : le scénario catastrophe". Le quotidien économique fait également preuve de pédagogie en posant "les 10 questions clefs" pour comprendre cette crise (page 6).
Milène Leroy