Ouverture du dialogue social

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, entame aujourd'hui ses premières consultations avec les huit organisations syndicales et patronales représentatives sur les grands chantiers sociaux, avant une "grande conférence sociale", qui devrait se tenir avant le 14 juillet, selon La Croix (page 9). L'emploi, la compétitivité, la formation professionnelle, le "contrat de génération", les salaires, les conditions de travail, les retraites et l'égalité salariale hommes-femmes feront partie de ces chantiers. Le président de la République évoquera ces sujets ce soir au cours du 20 heures de France 2.

La CFDT estime "urgent de reparler du traitement social du chômage", en particulier pour les jeunes, notent Les Echos (page 5). "Nous attendons de voir quelles mesures le gouvernement va prendre pour éviter les licenciements abusifs", explique de son côté Pascal Pavageau, membre de la délégation de Force ouvrière à Matignon.

Concernant le délicat dossier des retraites, les syndicats souhaitent élargir le nombre de bénéficiaires du rétablissement du départ à soixante ans. Jean-Claude Mailly de FO exige que soient prises en compte dans le calcul des trimestres validés les périodes "de chômage et de fin de droits".

Le gouvernement serait prêt à faire des concessions, mais Laurence Parisot, la patronne du Medef, campe sur ses positions. Ce qui se prépare "n'est pas raisonnable (...) et va rendre les retraites des trentenaires ou de ceux qui ont 20 ans presque improbables", a-t-elle prévenu hier au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro. Elle craint un "choc insupportable" pour les finances des régimes de retraite complémentaires (Agirc et Arcco), rapportent Les Echos.
De son côté, la CFDT veut aussi ouvrir le chantier de l'assurance maladie. "Surtout après l'abandon de la TVA sociale, la question du financement de la protection sociale ne manquera pas de refaire surface, les déficits étant structurels", souligne Nathalie Birchem de La Croix (page 10).

A propos des salaires, enfin, la CGT et FO attendent un geste très "sensible" sur le Smic pour compenser l'absence de coup de pouce depuis six ans et soutenir la consommation.

De fait, 58% des Français estiment que l'emploi doit être abordé en priorité lors des rencontres préparatoires à la conférence sociale, selon un sondage de l'institut Harris interactive, publié aujourd'hui par L'Humanité (pages 1 à 3). Interrogés sur les trois points prioritaires devant être évoqués lors de ces rencontres, les Français placent l'emploi en tête, loin devant le pouvoir d'achat (41%) et la compétiti­vité des entreprises françaises (36%). Viennent ensuite les retraites (33%), la croissance (27%), les conditions de travail (24%) et le Smic (18%).

Augmentation du prix des cigarettes ?
En théorie, une nouvelle augmentation du prix des cigarettes est programmée pour cet été. "Il sera difficile pour le gouvernement d'y renoncer s'il veut tenir ses engagements budgétaires", estiment Les Echos (page 2). Les associations ont bien l'intention de l'interpeller jeudi, à l'occasion de la Journée mondiale sans tabac. "François Hollande s'est engagé à faire de la lutte contre le tabagisme l'une de ses priorités, mais il n'a rien dit sur les hausses de prix, nous sommes dans l'attente", indique la Ligue contre le cancer, interrogée par le quotidien économique. Comme d'autres associations, elle réclame une augmentation de 10%, pour faire reculer la consommation.

Aujourd'hui, le tabagisme est en hausse, selon l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes). Avec 29% de fumeurs quotidiens, la France se situe parmi les mauvais élèves, au 20e rang européen (sur 27) et au 25e rang pour les femmes. Les Echos rappellent que Marisol Touraine, la nouvelle ministre de la Santé, s'est battue contre le tabagisme lorsqu'elle siégeait à l'Assemblée, mais qu'elle n'est pas la seule à décider.

De leur côté, les buralistes demandent à être reçus par le ministre du Budget pour tenter d'échapper à de nouvelles augmentations. Par ailleurs, Le Monde daté de samedi, dans son cahier Science & techno (pages 1, 4 et 5) et sur son site Internet (cliquer ici), révèle comment les cigarettiers américains ont enrôlé des scientifiques français pour nier ou minimiser l'impact du tabagisme passif.
John Sutton