Ouverture de la conférence sociale

Le président de la République lance ce matin, au palais d'Iéna, sa "grande conférence sociale", annoncent Les Echos (page 2). "Que faut-il attendre de cette grande messe so­ciale ? D'abord un calendrier et un programme de travail pour les dix-huit mois à venir", résume Libération (page 3). Pendant deux jours, deux cents représentants syndicaux et patronaux vont participer à sept tables rondes, animées chacune par un ministre. Celle sur les retraites et la protection sociale le sera par Marisol Touraine, assistée d'une personnalité qualifiée : Jean-Baptiste de Foucaud, précise Le Figaro-économie (page 24).

"Tout sera mis sur la table […] rien ne sera tabou", a promis le Premier ministre. Sur la forme, il a souhaité, lors de sa déclaration de politique générale prononcée la semaine dernière, que "la culture de l'accord, celle qui implique des contreparties, du donnant-donnant, s'impose peu à peu dans le dialogue et la démocratie sociale", rappellent Les Echos. "Or­ganisations d'employeurs et de salariés doivent prendre leurs responsabilités, le gouvernement prendra les siennes", as­sure Jean-Marc Ayrault.

Les partenaires sociaux ont salué la méthode. "A ce stade, je donne quitus à la méthode", déclarait hier François Chérèque (CFDT), dans un entretien au Journal du dimanche (page 8). Son homologue de la CGT, Bernard Thibault, s'est lui aussi "félicité du principe" de la conférence. Quant à Jean-Claude Mailly (FO), il salue "le début d'un processus". Les nouvelles modalités tranchent avec les sommets sociaux du précédent gouvernement, puisqu'il n'est pas question de déboucher sur un catalogue de mesures, mais sur une "feuille de route", qu'annoncera le chef du gouvernement demain après-midi, en clôturant la conférence sociale.

"Il faut que le Premier ministre propose une concertation sur le financement de la protection sociale. C'est vital", a déclaré hier la présidente du Medef, Laurence Parisot, sur Europe 1-iTélé (Les Echos, page 3). "Je demanderai aussi au chef de l'Etat d'inscrire la liberté d'entreprendre dans la constitution", an­nonce-t-elle dans une interview au Journal du dimanche (page 9). "Quant à la question des licenciements, elle doit surtout être pacifiée", ajoute Laurence Parisot.

La nécessité d'ouvrir le dossier du financement de la protection sociale recueille aussi l'assentiment des syndicats, mais le consensus se limite au rejet de la TVA sociale. La CFDT suggère d'augmenter la contribution sociale généralisée (CSG). "Nous avons proposé de supprimer les cotisations famille, pour alléger le coût du travail, et d'augmenter simultanément la CSG, pour financer la protection so­ciale, explique François Chérèque dans Le Journal du dimanche. La CSG doit aussi être utilisée pour financer la perte d'autonomie des personnes âgées."

Pour trouver de nouvelles recettes, le président de la République a évoqué "d'autres prélèvements, notamment sur l'ensemble des richesses produites et sur les émissions de CO2", rappelle La Croix (page 4). Au ministère des Affaires sociales, outre la fiscalité écologique, on évoque aussi les taxations dites "comportementales", sur certains produits qui nuisent à la santé, selon Le JDD (page 9).

Concernant les retraites, le report à 62 ans de l'âge de départ ne permettra pas de maintenir l'équilibre financier au-delà de 2018. Le gouvernement s'est engagé à rediscuter de cette réforme. La CGT et FO demandent toujours le retour au départ à 60 ans. De son côté, la CFDT serait favorable à l'étude du passage à un système par points dans lequel la durée de cotisation serait prise en compte, rapporte Le Figaro-économie (page 24). "La loi de 2010 nous fixe une obligation de moyens, pas de résultat, rappelle un proche de François Hollande. Plus les caisses sont vides et plus les réformes s'imposent."
John Sutton