On meurt moins du cancer et plus tard

"Si les cancers représentent encore la première cause de décès chez l’homme et la deuxième chez la femme, l’évolution de la mortalité a subi de profondes évolutions au cours des vingt dernières années", peut-on lire dans le rapport de l’Institut national du cancer (Inca) présenté hier (en ligne sur le site Internet e-cancer.fr).

Le taux de mortalité a baissé de 22% chez l’homme et de 14% chez la femme, note Libération (page 18). La différence entre les hommes et les femmes s’explique par la forte augmentation de la mortalité féminine par cancer du poumon. Une nouvelle "catastrophique", selon le Pr Dominique Maraninchi, président de l’Inca. Le taux de mortalité a doublé, passant de 4,5 à 9,5 pour 100.000. En moyenne, environ 147 851 décès par cancer (88 188 chez l’homme et 59 663 chez la femme) ont été enregistrés chaque année en France, au cours de la période 2003-2007.

La baisse de la mortalité par cancer s’explique par l’amélioration du dépistage (sein, côlon, utérus) et de la prise en charge thérapeutique, soulignent Les Echos (page 4). Elle est due également à la baisse de certains cancers chez l’homme (poumon, larynx, œsophage) du fait notamment de la baisse importante de la consommation d’alcool et de tabac. "On ne peut nier que ces progrès sont aussi la victoire de la prévention, avec les campagnes contre le tabagisme et l’alcoolisme", affirme le Pr Dominique Maraninchi dans Libération.

Autre fait marquant, la mortalité par cancer touche surtout les personnes âgées : 70% des gens qui meurent du cancer ont plus de 65 ans, et plus de 50% meurent après 75 ans. "La mortalité par cancer rejoint la mortalité naturelle", selon le président de l’Inca.

Si l’amélioration concerne toutes les régions, quelques disparités notables subsistent néanmoins. Trois d’entre elles restent très au-dessus de la moyenne des décès : le Nord-Pas-de-Calais, la Picardie et la Haute-Normandie, notent Les Echos.

La fraude sociale mieux détectée
En 2009, la Sécurité sociale a détecté 384 millions d’euros de fraudes, soit 68% de plus qu’en 2006, a souligné son directeur, Dominique Libault, devant les députés de la mission d’évaluation et de contrôle de la Sécurité sociale (Mecss). Un "bilan spectaculaire", selon le titre de "une" du quotidien Les Echos. Ce résultat s’explique "par une meilleure détection [des fraudes] dans la période récente", d’après le directeur de la Sécurité sociale.

Les contrôles de l’assurance maladie se sont multipliés et ont permis de récupérer 151,6 millions d’euros l’an dernier. Environ un million d’arrêts de travail sont contrôlés chaque année. Tous le sont au-delà de 45 jours. Selon Pierre Fender, directeur du contrôle contentieux et de la répression des fraudes à la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), 911 plaintes ont été déposées par l’assurance maladie contre les assurés en 2009, 185 contre des professionnels de santé et 12 contre des établissements.

Frédéric van Roekeghem admet néanmoins qu’il reste des progrès à faire selon les régions. Interrogé jeudi par les députés sur l’ampleur de la fraude potentielle, le directeur général de la Cnam l’a chiffrée à environ "1% des dépenses de remboursement".

John Sutton