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Obama élu président

L’information est apparue peu après 5 heures du matin, heure française, sur les écrans de télévision de CNN : le démocrate Barack Obama est élu 44e président des Etats-Unis. Avec cette élection, les Américains tournent la page de huit années de politique républicaine menée par George W. Bush. Mais c’est surtout le formidable symbole - d’un homme noir à la Maison-Blanche - qui frappe bien au-delà des frontières américaines. A 47 ans, Barack Obama devient le premier président Afro-Américain dans un pays où les mariages inter-raciaux étaient encore interdits en 1967 dans certains Etats du sud, rappelle La Croix (page 5).

Malgré leurs efforts pour retarder au maximum l’heure de bouclage, vos quotidiens n’ont pas pu attendre l’arrivée des résultats américains. Mais, pour reprendre la formule du Canard enchaîné, la plupart ont voulu croire, "pour une fois", aux sondages. Vous trouverez ainsi dans la presse écrite de nombreux portraits du vainqueur, "homme multiple" écrit Le Figaro (page 6), faisant écho à l’article sur "l’énigme Obama" publié lundi par Corine Lesnes dans Le Monde (page 18).

C’est sur Internet que l’on peut découvrir ce matin le premier discours de Barack Obama, prononcé à Chicago. Le texte est disponible intégralement en anglais sur le site de CNN . La formule favorite du candidat était "Yes, we can". Aujourd’hui, le président élu prend la mesure de "l’énormité de la tâche" qui l’attend. "Deux guerres, une planète en péril, la pire crise mondiale financière du siècle", a-t-il dit.

Les défis sociaux ne sont pas des moindres non plus : "Cette nuit même, (...) des mères et des pères ne trouveront pas le sommeil (...), se demandant comment ils rembourseront leur emprunt, comment ils paieront la facture du médecin ou qu’ils économiseront assez pour envoyer leur enfant à l’université", a-t-il déclaré dans un style typiquement américain.

Dans "les dossiers en souffrance sur le Bureau ovale", Libération (pages 6 et 7) situe en bonne place les difficultés d’accès à la santé. Aujourd’hui, rappelle ce quotidien, 47 millions d’Américains sont privés de protection contre la maladie. "L’assurance santé, privée et très coûteuse, est liée à l’entreprise où l’on est employé", rappelle le quotidien. Mais "beaucoup de firmes, notamment les plus petites, ne proposent pas de plan de santé, tandis que les plus grosses peines à assurer la couverture de leurs employés".

Le Figaro (page 11) a interrogé David Epstein, professeur de sciences politiques à l’université Columbia de New York. Pour lui, l’opinion américaine est prête, désormais, "pour une formule offrant une dose de couverture universelle, non liée à une assurance d’entreprise", allant ainsi au-delà des systèmes d’assistance pour les personnes âgées et les plus démunis (Medicare et Medicaid).

Dans ce but, le candidat Obama propose de mettre en place une couverture universelle seulement pour les enfants (Les Echos, mardi 4 novembre, page 6). Il demande des économies au système de santé afin de réduire les frais d’assurance des ménages et veut inciter les petits employeurs à mettre en place une couverture d’entreprise, via une réduction d’impôt. Un programme de campagne qui, comme le souligne l’éditorialiste du Figaro (page 21), avait été élaboré avant le krach économique…

Pas de hausse du minimum vieillesse pour les couples
L’Assemblée nationale a adopté hier le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2009 (lire également pages 1 à 4). Ce sont les dispositions sur l’assurance retraite qui continuent de provoquer la polémique. Le Parisien/Aujourd’hui (page 10) revient ainsi sur un article "passé inaperçu". Cette disposition réserve la hausse de 25% du minimum vieillesse, d’ici 2012, aux seules personnes isolées.

"La situation financière des couples retraités est le plus souvent moins grave que celle des personnes seules", admet le député Denis Jacquat, rapporteur UMP de la commission des Affaires sociales. Mais ce parlementaire de la majorité aurait préféré que la revalorisation soit étendue à tous, comme le prévoyait d’ailleurs le programme de Nicolas Sarkozy. Patience, a répondu le ministre du Travail, Xavier Bertrand, qui promet au mieux une décision pour 2010. En attendant, a ironisé Martine Billard, députée Vert de Paris, cette différence de traitement est une "incitation au divorce" et marque une rupture dans la gestion des allocations sociales.

Pascal Lelièvre