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Nocivité du Mediator® : les laboratoires Servier savaient depuis 2009

Une étude réalisée en octobre 2009 par un cardiologue pour le compte du laboratoire Servier montrait déjà clairement le lien entre la prise de Mediator® et les atteintes des valves cardiaques, ré­vèle Le Figaro (page 9). Le rapport du Pr Bernard Iung (hôpital Bichat, Paris), commandité en juillet 2009 par Servier, arrive en pleine tempête autour du médicament. La Dre Irène Frachon et son équipe de médecins du CHU de Brest sont convaincues de la toxicité cardiaque du Mediator® et l'ont déjà fait savoir à plusieurs reprises à l'Afssaps, preuves cliniques à l'appui.

"Le laboratoire s'est toujours défendu en expliquant que ”les atteintes valvulaires sont fréquentes dans la population générale, d'origine dégénérative le plus souvent”, selon un courrier adressé aux médecins le 21 décembre 2010 et rédigée par le Dr Daniel Molle, salarié du laboratoire", indique Le Figaro. Pourtant, un peu plus d'un an plus tôt, Servier avait connaissance des conclusions sans appel du rapport du Dr Iung, qui établissait un lien de cause à effet entre la prise du Mediator® et l'apparition de valvulopathies. Malgré ces résultats, le laboratoire ne demande pas la suspension de la commercialisation de son produit, comme il en a la possibilité, souligne Le Figaro.

Le 23 octobre 2009, l'expert mandaté par Servier présente son rapport à l'Afssaps. Appelée à se positionner, la commission d'autorisation de mise sur le marché (AMM) de cette agence ne rend pas d'avis… faute de quorum. Ce n'est que trois semaines plus tard, le 12 novembre, qu'elle demande l'interdiction du Mediator®. Le retrait des pharmacies sera effectif le 30 novembre…

"Le Mediator®, ce n'est que trois morts", titre la "une" de Libération, reprenant une citation de Jacques Servier. "500 c'est un très beau chiffre marketing, mais il ne s'agit que de trois morts. Les autres avaient déjà des valvulopathies", a osé déclarer le PDG du laboratoire pharmaceutique, lors des vœux adressés mardi à son personnel. "Trois morts ? Ce n'est que la partie émergée de l'iceberg", réfute catégoriquement l'épidémiologiste Catherine Hill, qui maintient son évaluation de 500 décès attribués au Mediator® (Libération, page 3).

"S'il existait un médicament antiparanoïa, il faudrait sans doute le prescrire au patron fondateur de Servier, écrit Laurent Joffrin dans l'édito de Libération. Les études qui tendent à montrer la dangerosité du Mediator® ont été effectuées avec sérieux. Elles établissent que les patients qui consommaient le médicament avaient trois fois plus de risques d'être hospitalisés et quatre fois plus de risques d'être opérés pour une affection cardiaque que les autres."

DMP : en avril pour les patients
Tous les Français ayant ouvert un dossier médical personnel (DMP) avec leur médecin pourront y accéder sur Internet à partir d'avril, a annoncé hier l'Asip Santé, l'agence qui gère ce dispositif, rapporte Le Parisien/Aujourd'hui (page 8). Depuis hier, tous les professionnels de santé peuvent théoriquement accéder au site du DMP (www.dmp.gouv.fr), et donc ouvrir des dossiers pour leurs patients qui le souhaiteraient. Mais "ceux qui tenteront de créer un DMP dès maintenant ont de bonnes chances de ne pas y arriver", prévient Jean-Yves Robin, directeur de l'Asip Santé, cité dans Les Echos (page 3). En réalité, il faudra encore attendre que les logiciels des médecins soient compatibles avec le DMP. Dans les trois mois à venir, l'expérimentation à grande échelle va se déployer dans les régions tests : Alsace, Aquitaine, Franche-Comté, Picardie, Rhône-Alpes, précise Le Figaro-économie (page 15). "C'est l'amorçage du DMP, ce n'est pas encore le démarrage", nuance le ministre de la Santé.

De nombreux soignants s'inquiètent du coût de la mesure, notamment des logiciels homologués. Xavier Bertrand a tenu à les rassurer en annonçant qu'il avait demandé au directeur de la Cnam de réfléchir à un dispositif d'aide financière. Par ailleurs, les associations d'usagers ont obtenu des garanties sur la confidentialité des données saisies sur le DMP. Le patient pourra ainsi masquer tout ou partie de ses informations, en limiter l'accès et même supprimer son dossier, précise Le Parisien.
John Sutton