Nicolas Sarkozy veut donner un nouvel élan au plan cancer

Nicolas Sarkozy s'est déclaré prêt à donner "une nouvelle impulsion" à la lutte contre le cancer. C'est ce qu'a indiqué l'Elysée vendredi, après la remise du rapport du Pr Jean-Pierre Grünfeld, destiné à formuler des propositions pour prolonger les mesures lancées en 2003 par Jacques Chirac, indique le quotidien La Croix (page 11) Ce deuxième plan cancer, qui couvre la période 2009-2013, devrait être annoncé d'ici quelques semaines par le président de la République.

Les recommandations du rapport Grünfeld devraient s'attaquer aux inégalités face au cancer, tout en améliorant la coordination des soins et la vie après la maladie, et en soutenant la recherche. "Il existe aujourd'hui en France des inégalités de santé considérables. A 35 ans, l'espérance de vie d'un cadre est supérieure de 8 ans par rapport à celle d'un ouvrier", souligne-t-il dans La Croix. D'après ce médecin néphrologue à l'hôpital Necker à Paris, ce combat doit être mené sur trois niveaux : la prévention, le dépistage et les soins. "Il convient de reformuler certains messages de prévention pour les rendre audibles au plus grand nombre, souligne-t-il. Même chose pour le dépistage : aujourd'hui, seuls ceux qui sont informés et qui comprennent l'intérêt du dépistage y participent."

Pour garantir une égale qualité des soins, une autre mesure sera appliquée à partir de 2011. Pour continuer à pouvoir traiter les cancers, les hôpitaux et cliniques devront posséder une autorisation et remplir plusieurs conditions : disposer de consultations pour annoncer la maladie, assurer des concertations pour décider des traitements et surtout, avoir un seuil d'activité minimale, selon chaque type de cancer.

"C'est une bonne mesure, mais il faudra veiller à ce que cela ne renforce pas les inégalités géographiques d'accès aux soins. En zone rurale, certains patients sont très éloignés des lieux de prise en charge", indique le rapporteur, qui préconise de développer le transport "par minibus" dans ces zones excentrées.

L'autre grand chantier devrait porter sur "la vie après le cancer". "Il me semble indispensable, d'instaurer dans le parcours de soins, un dispositif de sortie de la maladie afin de mieux apprécier d'éventuelles séquelles, prévoir des aides à domicile et préparer le retour à l'emploi en lien étroit avec le médecin du travail", explique le Dr Grünfeld. Enfin, en ce qui concerne l'accès aux assurances et aux prêts bancaires, il préconise une réactualisation des données sur les risques de mortalité. "Aujourd'hui, les assureurs se basent souvent sur des chiffres anciens, alors que pour certains cancers, les taux de guérison sont remarquables", souligne le rapporteur. Le Pr Grünfeld a précisé que le montant du budget pour le prolongement du plan cancer n'avait pas encore été fixé.

Loi HPST : les sujets qui fâchent
"Séances houleuses en vue cette semaine à l'Assemblée nationale. Les députés s'attaquent aux chapitres les plus polémiques de la loi Hôpital, patients, santé et territoires", prévoit Boris Cassel, du Parisien/Aujourd'hui (page 4). Parmi les sujets "qui fâchent" les députés, le quotidien en retient trois : la permanence des soins, la lutte contre l'alcoolisme et la lutte contre l'addiction aux jeux vidéo. Confrontés dans leurs circonscriptions à des départs de médecins non remplacés et à des gardes de nuit non assurées, certains députés ne sont pas satisfaits de la façon dont la future loi propose d'assurer la permanence des soins. Certains élus ont déposé des amendements plus coercitifs pour contraindre les médecins à exercer dans les zones sous-dotées. "Une France sans toubibs ?", interroge la "une" de L'Humanité. "Alors que le nombre de médecins n'a jamais été aussi élevé (215.000), certains territoires manquent cruellement de généralistes. Bon nombre sont en passe de devenir de véritables déserts médicaux. Et le pire est encore à venir", écrit Alexandra Chaignon dans le quotidien communiste (page 2).

Comment attirer les jeunes généralistes dans les zones sous-médicalisées ? MG-France, le principal syndicat de médecins généralistes, récuse "les mesures coercitives". Il préconise d'identifier, avec les élus de chaque département, les zones manquant de praticiens, afin d'y installer rapidement des consultations assurées par des médecins ne résidant pas sur place et rémunérés par des vacations forfaitaires.

John Sutton