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Nicolas Sarkozy veut achever la réforme des retraites pour s’attaquer à la dépendance

En intervenant longuement, hier soir sur France 2, le président de la République voulait "reprendre la main, après un mois qui a vu l’exécutif bousculé par l’affaire Bettencourt", expliquent Les Echos, qui comme la plupart des quotidiens nationaux placent le sujet à la "une". Nicolas Sarkozy a voulu recentrer le débat sur "l’essentiel", notamment la réforme des retraites et la dépendance. Il a confirmé son soutien à Eric Woerth, mais fait peu d’annonces, à l’exception de la confirmation du remaniement ministériel en octobre.

"Sarkozy ressort le couplet du complot", ironise le titre de "une" de Libération. Aux yeux du chef de l’Etat, l’affaire Bettencourt relève d’une campagne visant à saborder la réforme des retraites. Quand on met en place des réformes, on "bouscule des intérêts, des situations acquises", on "gêne un certain nombre de gens" (Les Echos, page 2). "La réponse, c’est bien souvent la calomnie", a-t-il déclaré. Selon lui, der­rière certains médias, se cacheraient des "officines", qui auraient alimenté la polémique. Néanmoins, pour éviter tout soupçon de conflit d’intérêt, le président conseille à Eric Woerth de quitter ses fonctions de trésorier de l’UMP.

Sur les retraites, Nicolas Sarkozy est resté très ferme. Il n’acceptera pas de revenir sur le recul de l’âge légal de départ à 62 ans, ni sur l’alignement des cotisations retraites entre le secteur public et le privé, mais il a concédé qu’il était "ouvert sur le reste", souligne La Tribune (page 2). Le "reste" concerne la pénibilité, les carrières longues et les polypensionnés, sujets sur lesquels les contacts se poursuivront avec les partenaires sociaux pendant l’été.
Une fois le chantier des retraites bouclé, fin octobre, le président a annoncé qu’il engagerait "immédiatement la réforme de la dépendance", note Le Figaro (page 4). Il s’est déclaré "effaré de voir que seulement 20% des personnes dépendantes pouvaient régler elles-mêmes leur maison de retraite".

"Sarkozy annonce une ”nouvelle étape” en octobre", titre Le Figaro, non pas au sujet de la création du 5e risque dépendance, mais du remaniement ministériel, confirmé pour "la fin octobre". "Les remaniements ne se font pas parce que les commentateurs s’agitent, parce que tel ou tel demande une tête", a indiqué le chef de l’Etat, selon Le Figaro (page 3). Il s’est montré prêt à constituer une équipe "resserrée", comme il l’avait promis pendant sa campagne électorale.

Faute d’être totalement convaincus par les arguments de Nicolas Sarkozy pour mettre fin à la polémique Woerth-Bettencourt, les éditorialistes saluent la manière dont le chef de l’Etat a évacué l’affaire. "Le PS rêvait de s’offrir une ”af­faire d’Etat”, celle qui lui manque depuis 2007, mais il va devoir patienter", se réjouit Paul-Henri du Limbert, l’éditorialiste du Figaro (page 21). Son confrère de Libération (page 2), Paul Quinio, reconnaît que Nicolas Sarkozy "a très habilement mené sa contre-offensive politico-médiatique pour tenter d’éteindre le tumulte". "Du grand art, concède-t-il. Sauf que le président n’a pas répondu à une question, (...) pas abordée lors de l’entretien télévisé : celle de l’implication éventuelle d’Eric Woerth dans un financement illégal de sa campagne de 2007."

Grippe A : vaccins perdus
Lors de la campagne de vaccination contre la grippe A/H1N1, 3,4 millions de doses de vaccins ont été jetées ou mises au rebut. Parmi celles-ci, 2,8 millions de doses ont été perdues pour cause de rupture de la chaîne du froid ou de flacons entamés, soit une quantité qui repré­sente plus de la moitié des personnes vaccinées, selon un rapport de la commission d’enquête parlementaire sur la gestion de l’épidémie, cité en bref par Le Parisien (page 14). Le rapport n’aborde pas les questions qui fâchent comme le rôle de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de ses experts, les liens entre experts et laboratoires pharmaceutiques, l’efficacité des antiviraux (Tamiflu) ou la pertinence des procédures d’autorisation de mise sur le marché pour les vaccins… La campagne de vaccination "manquait de souplesse", critique le président de la commission parlementaire, Jean-Christophe Lagarde (député du Nouveau Centre), dans un entretien à Libération (page 10). "Il y a eu une erreur majeure : ne pas avoir associé la médecine de ville" à cette campagne, ajoute-t-il. Jean-Christophe Lagarde reconnaît également qu’"il faut clarifier les rapports" entre les experts et les laboratoires.
John Sutton