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Nicolas Sarkozy présente ses réformes de fin de quinquennat

Hausse de la TVA, augmentation de la CSG sur les revenus financiers, possibilité de déroger aux 35 heures sans heures supplémentaires… A trois mois de la présidentielle, le chef de l'Etat a présenté hier soir ses mesures de fin de mandat. "Réformes chocs" pour le Figaro ou "mauvais coups" aux salariés pour l'Humanité : les appréciations diffèrent selon les titres.

A chacun sa façon d'"apprécier" les mesures présentées hier soir par le président de la République. Alors que la "une" du Figaro évoque des "réformes choc", L'Humanité discerne plutôt des "mauvais coups" dont les salariés vont être les premières victimes.

A trois mois de la présidentielle, observent Les Echos (pages 2 à 5), et seulement "trois jours après la présentation du projet de François Hollande", c'est en tant que chef de l'Etat, et non en candidat potentiel, que Nicolas Sarkozy a "abattu ses cartes" sans pour autant parler de "troisième plan de rigueur".

Parmi les principales mesures annoncées figurent : une hausse de la TVA de 1,6 point ; l'augmentation de 2 points de la CSG sur les revenus financiers ; la possibilité de déroger aux 35 heures sans heures supplémentaires ; une taxe de 0,1% sur les transactions financières ; un relèvement de 30% des possibilités de constructions dans les prochaines années ou encore la création d'une banque de l'industrie.

Même si le président de la République en réfute les termes, une "TVA sociale" sera donc mise en place afin d'"abaisser le coût des produits en France". Comme l'explique Libération (pages 2 à 4), cette opération consiste à "transférer une partie du financement de la protection so­ciale aujourd'hui assis sur le travail, sur un ou plusieurs autres impôts, auxquels ne sont pas assujetties les entreprises".

Concrètement, il s'agit de supprimer la cotisation patronale (5,4%) au financement de la branche famille et de relever de 1,6 point le taux normal de TVA, lequel passera, à partir du 1er octobre, "de 19,6% à 21,2%", indique Le Pari­sien/Au­jourd'hui (pages 2 à 4) et frappera essentiellement les produits manufacturés importés tels que les voitures, l'électronique ou encore les vêtements. Pour leur part, les taux réduits à 2,1%, 5,5% et 7% ne seront pas relevés.

Tous les salaires ne seront pas assujettis à cette exonération, précise Le Figaro (pages 2 et 3). Les cotisations seront "complètement supprimées pour les salaires allant de 1,6 Smic à 2,1 Smic (puis de manière progressive jusqu'à 2,4 Smic)". De cette façon, note le journal, "la cible de l'Elysée est claire : 97% des effectifs de l'agriculture, 82% des effectifs de l'automobile et les deux tiers de l'industrie sont concernés".

Le Parti socialiste, écrit Le Journal du dimanche (page 9), comme Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, critiquent ce "cadeau [fait] au patronat".

Concernant la CSG, poursuivent Les Echos, c'est la quatrième fois en cinq ans que Nicolas Sarkozy décide d'"alourdir la taxation des revenus du capital pour financer la protection sociale". En l'augmentant de 2 points, poursuit La Tribune (page 4), dans son ultime parution en version papier, les prélèvements sociaux passeront ainsi à 15,5%. Si tous les revenus du patrimoine sont concernés (fonciers, actions, obligations, plans d'épargne logement, assurance-vie...), les revenus des livrets d'épargne (Livret A, livret de développement durable, livret jeune...) seront, quant à eux, exonérés par cette hausse.

L'application de toutes ces mesures remarque néanmoins le quotidien, sera conditionnée par les résultats de la présidentielle. En effet, tout pourrait être an­nulé "en cas de victoire de François Hollande"...

Frédéric Lavignette