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Nicolas Sarkozy prépare les Français à l’austérité

Dans dix jours, les détails d’un second plan de rigueur devraient être dévoilés. C’est ce que le président de la République, Nicolas Sarkozy, a laissé entendre hier soir lors de son intervention télévisée sur TF1 et France 2. Durant plus d’une heure, le chef de l’Etat "n’a pas ménagé sa peine (…) pour faire la pédagogie de la crise et rendre compte de l’accord conclu à Bruxelles" pour sauver l’euro, rapportent Les Echos (page 2).

Dans le même temps, Nicolas Sarkozy a semblé vouloir "susciter une prise de conscience dans l’opinion" sur la gravité de cette crise. Son but était surtout de "préparer les esprits à de nouvelles mesures d’austérité désormais incontournables, puisqu’il a révisé à 1% la prévision de croissance 2012", ajoute le quotidien économique.

Le président n’a rien dévoilé de ce nouveau plan, sinon qu’il doit permettre de dégager 6 à 8 milliards d’euros d’économies supplémentaires. Seule certitude, signale Libération (page 25) : Nicolas Sarkozy "exclut une hausse généralisée de la TVA [et] élude la question sur la création d’un nouveau taux intermédiaire".

Le Figaro (page 5) avance pour sa part que ce plan doit être en partie axé sur la réduction des dépenses publiques. Le secteur de la santé sera particulièrement visé. A ce titre, la ministre du Budget, Valérie Pécresse, a prévenu : "Les dé­penses de fonctionnement doivent être mieux gérées", a-t-elle précisé après l’intervention du président.

Du côté des recettes, le président de la République a déclaré qu’"il faudra un jour poser la question du financement de la protection sociale", écrivent Les Echos. Pour cela, l’idée de faire "participer les importations" n’est pas exclue, sous la forme d’une TVA sociale. Celle-ci "consiste à faire financer la Sécurité sociale par une taxe sur la consommation, donc entre autres sur les produits importés de pays pratiquant le dumping social", explique Le Figaro. "En échange, les cotisations qui pèsent sur le coût du travail sont allégées, pour gagner en compétitivité", poursuit le quotidien.

Selon Le Figaro, ce mécanisme est reçu diversement par la classe politique. Dans les rangs de la majorité, le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, ainsi que d’autres élus UMP, y sont réticents, "redoutant un effet inflationniste, donc une perte de pouvoir d’achat des ménages". Sur ce dernier point, les Français sauront à l’issue du G20 quels nouveaux efforts financiers ils auront à consentir. Il se tient la semaine prochaine, à Cannes.

Alzheimer : des médicaments dévalués
Le service médical rendu par les médicaments anti-Alzheimer est considéré comme "faible". C’est l’avis que vient de rendre la commission de la transparence de la Haute Autorité de santé (HAS) après la réévaluation de quatre produits de cette classe thérapeutique : Aricept®, Ebixa®, Exelon® et Reminyl®.

En 2007, observe Le Monde (page 12), le service médical rendu de ces produits avait pourtant été jugé "important". Cepen­dant, précise Le Parisien/Aujourd’hui (page 12), de nouvelles données portant sur les effets secondaires de ces molécules ont été portées à la connaissance de la HAS. Ces substances permettent "une certaine stabilisation du déclin cognitif, mais seulement pour quelques malades", indiquent les experts. En revanche, elles causent de graves troubles de l’humeur, comme de l’agressivité, ainsi que des problèmes cardiovasculaires.

Dès lors, la baisse de 65% à 15% du taux de remboursement est envisagée. Pour les patients en affection longue durée (ALD), cette décision ne changera rien, rapporte Le Figaro (page 13) puisque leurs dépenses sont intégralement remboursées par la Sécurité so­ciale. Cependant, note l’association France Alzheimer, cette reclassification du service médical rendu d’"important" à "fai­ble" est une première étape avant un déremboursement qui survient, explique-t-elle, "le plus souvent, dans les six mois".
Frédéric Lavignette