Nicolas Sarkozy défend ses choix et maintient le cap

C'est à Saint-Quentin (Aisne), hier, que Nicolas Sarkozy a prononcé devant trois à quatre mille personnes réunies au Palais des sports "un véritable discours de remobilisation de son électorat quelque peu déboussolé dans la crise", estime La Tribune (page 6). Pour Libération (page 5), cette réunion a été pour le chef de l'Etat l'occasion de "défendre bec et ongles des choix contestés comme le bouclier fiscal ("expression d'une société qui valorise la réussite") ou le plan de relance ("jusqu'à présent nous n'avons pas commis d'erreur"). Mais surtout ne rien lâcher sur le fond et laisser la voie libre aux patrons".

Pour ce qui est du fond, explique Le Figaro (page 3), Nicolas Sarkozy persiste et signe. A titre d'exemple, le président de la République considère que c'est l'investissement, et non la consommation, qui reste "le moteur de la relance", rapportent Les Echos (page 2). En outre, le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite sera maintenu malgré la crise. Pour Nicolas Sarkozy, les "premières mesures de solidarité" qui viennent d'être mises en place devraient préparer la France à une "sortie de crise", rapporte Le Figaro.

Pour ce qui est des patrons, le président de la République leur "fait la morale", titrent Les Echos. Il appelle à leur "responsabilité" : "Percevoir une grosse rémunération en cas d'échec, (...) distribuer des bonus dans une entreprise qui met en oeuvre un plan social ou qui reçoit des aides de l'Etat (...), ce n'est pas responsable, ce n'est pas honnête", a-t-il déclaré. "Si l'on ne veut pas faire le jeu des anticapitalistes, le capitalisme doit cesser de se caricaturer lui-même", a-t-il ajouté, indique Libération. Pour autant, déplore ce quotidien, rien n'est fait contre "les patrons voyous". "Rien d'autre que des mots pour l'heure afin de les contraindre à renoncer à leurs parachutes dorés ou pour mieux encadrer les stock-options". D'après Les Echos, le chef de l'Etat ne semble "pas pressé" de répondre à sa majorité qui, elle, verrait bien "une loi interdisant de tels comportements".

Matmut, Macif, Maif : une alliance, pas une fusion
La Matmut, la Macif et la Maif ont officiellement annoncé hier leur rapprochement au sein d'une société de groupe d'assurance mutuelle (Sgam). "Il s'agit de l'alliance de trois sociétés parmi les plus solides et les plus efficaces du marché", a commenté Daniel Havis, PDG de la Matmut, dans Les Echos (page 35). Cette Sgam sera créée "à la fin 2009", indique La Tribune (page 21). Elle sera animée d'un "esprit fédérateur et pas intégrateur", affirme Gérard Andreck, président de la Macif. Un des objectifs, note La Tribune, est de "dégager des synergies afin d'améliorer leurs performances, à échanger des savoir-faire (...)".

Pas question de mettre en commun la gestion des sinistres. "C'est le coeur du métier d'assurance : regrouper les gestions des sinistres reviendrait à fusionner, ce qui n'est pas d'actualité", a ajouté Daniel Havis. "Nous avons tous des terrains de prédilection et d'excellence. Nos sociétés n'ont pas avancé au même rythme. L'objectif est de se faire la courte échelle pour accélérer la croissance." Reste la question de la gouvernance du nouveau groupe. D'ores et déjà, explique Gérard Andreck dans Le Figaro (page 27), "les trois mutuelles n'auront pas le même président. Pour la Sgam, la présidence ne sera pas l'apanage d'une d'entre elles en particulier. Toutes les solutions sont envisageables, y compris une présidence tournante".

Frédéric Lavignette et Jean-Michel Molins