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Nicolas Sarkozy dans le Calvados ou quand l’Elysée soigne les médecins

"La coercition ne marche jamais, l'incitation peut marcher." C'est en ces termes que le président de la République, en vi­site dans un pôle santé libéral du Calvados, a manifesté son soutien pour les médecins de proximité. Dans la foulée, le chef de l'Etat a décidé de supprimer deux dispositions contenues dans la loi "Hôpital, patients, santé et territoires" destinées à lutter contre les déserts médicaux, La première invitait les praticiens de centre-ville à venir régulièrement en renfort à leur confrère de banlieue et de campagne. La seconde obligeait la profession à déclarer ses congés, rappelle Le Figaro (page 21).

En contrepartie, Nicolas Sarkozy entend privilégier un "système d'incitation" destiné à encourager l'installation des jeunes praticiens en zones rurales. Déjà, écrit La Tribune (page 7), 200 internes en méde­cine générale ont accepté de signer un contrat avec l'Etat pour s'installer dans des régions sous-dotées, "en échange de la prise en charge de leurs études". Deux cents nouveaux contrats doivent être signés avant la fin de l'année.

Lors de son intervention, Nicolas Sarkozy a également indiqué qu'il n'était "pas question" de revenir sur le paiement à l'acte, mais de le compléter en fonction des "contraintes", rapporte La Tribune. Dans la foulée du rapport que lui a remis Elisabeth Hubert en fin de semaine dernière, il a esquissé un système de rémunération "à trois étages".

Le premier étage serait le paiement à l'acte. Au deuxième, poursuit le quotidien économique, "on pourrait imaginer une part de rémunération forfaitaire qui fi­nance certaines activités ou certaines contraintes". Enfin, le chef de l'Etat a évoqué un "troisième niveau qui serait dé­fini en fonction des objectifs de santé publique et de leur respect". Selon Le Parisien/Au­jourd'hui (page 8), des négociations devraient s'ouvrir rapidement avec les syndicats de médecins pour mettre en place ces nouvelles rémunérations.

Les décisions présidentielles ne s'arrêtent pas là, rapporte le quotidien. Le chef de l'Etat souhaite aussi alléger les médecins de la "paperasserie". Pour cela, "le ministre de la Santé et sa secrétaire d'Etat ont été invités hier à ouvrir des discussions avec les professionnels de santé et les organismes d'assurance maladie pour étudier ensemble la liste des papiers qu'il faut retirer".

Enfin, un nouveau statut juridique pour les maisons de santé sera défini dans le cadre de la prochaine concertation entre les professionnels de santé et le gouvernement. Il permettra de simplifier les procédures de construction de ces pôles santé qui regroupent des médecins généralistes, des spécialistes et des infirmiers. D'ici à 2012, 250 maisons seront de la sorte financées, a-t-il déclaré. Par ailleurs, chaque agence régionale de santé disposera avant le 1er juillet d'un "guichet unique" afin d'accélérer les regroupements de ces professionnels.

En conclusion, note Le Figaro, Nicolas Sarkozy s'est "engagé depuis les régionales dans une grande opération de réconciliation avec les médecins libéraux".

Le coût des médicaments orphelins
A la veille du 24e Téléthon, Les Echos (page 10) se penchent sur le remboursement des "médicaments orphelins", utilisés pour traiter les maladies rares. En France, ces spécialités sont toutes remboursées et leur accès n'est limité par aucune enveloppe globale, indique le quotidien.

Le prix de ces produits n'est pas corrélé à la rareté de la maladie. Selon certains calculs, "le traitement n'est ”que” 10 fois plus cher si la maladie est 100 fois plus rare et ”seulement” 100 fois plus cher si la maladie est 10.000 fois plus rare".

En outre, note le journal, le coût pour la collectivité est nuancé par deux facteurs. "Tout d'abord, le nombre de médicaments orphelins disponibles est faible." Il existe en effet 61 produits en Europe. Par ailleurs, le nombre de patients concernés pour chaque maladie est également limité. En 2009, ce coût a atteint 930 millions d'euros, mais il est appelé à s'accroître.
Frédéric Lavignette