Négociations conventionnelles : coup de froid entre le gouvernement et les médecins

Le climat vient de "se détériorer fortement" entre les médecins et le gouvernement, observe La Tribune (page 5). Le désaccord porte sur les négociations conventionnelles, dont les praticiens libéraux attendent une hausse de la consultation des généralistes de 22 à 23 euros. De leur côté, les pouvoirs publics veulent avancer sur "deux dossiers majeurs" : la répartition des médecins sur le territoire et l'encadrement des dépassements d'honoraires.

D'après le président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), Michel Chassang, les médecins négocient "avec une arme sur la tempe". Il estime que le gouvernement "bloque les négociations pour étrangler le système conventionnel". "Le gouvernement veut utiliser la loi Hôpital, Patients, Santé, Territoires (HPST) pour imposer sa volonté et étatiser le système", argumente-t-il.

Comme le rappelle le quotidien économique, le gouvernement avait conditionné l'augmentation de la consultation des généralistes "à l'aboutissement de cette négociation globale". Si aucun accord n'était conclu avant la fin de l'année, Nicolas Sarkozy avait prévenu qu'il "agirait". Selon la journaliste Véronique Chocron, les négociations pourraient toutefois se poursuivre après le 1er janvier 2009 "pour aboutir avant l'examen de la loi HPST au Parlement, en février prochain".

Reste que l'issue des discussions est très incertaine, notamment sur le nouveau secteur optionnel : "On ne peut créer un secteur tarifaire optionnel encadrant les dépassements d'honoraires que si on régule parallèlement le secteur 2, qui permet une totale liberté tarifaire", analyse un observateur. Or, "les médecins veulent un nouveau secteur optionnel pour fermer le secteur 1 des tarifs opposables (tarifs Sécu), alors que les mutuelles veulent un secteur optionnel pour pouvoir supprimer le secteur 2".

Pour le gouvernement, l'augmentation des tarifs des médecins ne semble pas être une priorité en raison de la crise. "On ne peut pas tout leur céder", relève d'ailleurs une des parties proches de ce dossier. "Ils veulent plus d'argent mais refusent d'anticiper les évolutions du système de santé", fait-il valoir.

Collégiens : écrans, alcool et tabac
La caisse primaire d'assurance maladie et l'académie de Paris viennent de rendre publique une enquête réalisée dans 22 collèges parisiens sur le "comportement et l'environnement santé des collégiens". Pas moins de 8.000 collégiens ont été interrogés. Selon Libération (page 18), les résultats de cette étude peuvent se résumer en trois mots : "Ecrans, alcool, tabac".

Le "problème n° 1", devant l'alcool, c'est que "45% des filles et 55% des garçons déclarent passer plus de trois heures par jour devant un ordinateur", écrit ainsi la journaliste Marie-Joëlle Gros. "Ils ont, du coup, du mal à trouver le sommeil et piquent du nez en cours. Ils oublient souvent de petit-déjeuner, ou le font en mangeant n'importe quoi."

L'alcool demeure un vrai sujet de préoccupation C'est en classe de 3e que sa consommation se banalise, surtout le week-end. Les filles sont concernées à 33% par cette habitude, "pratique jusque-là réservée aux garçons (30%)", rapporte Libération. C'est également à partir de cet âge que l'usage des cigarettes devient courant, tout comme le cannabis : 10% des collégiens déclarent d'ailleurs avoir fumé des joints dès la 3e. En dépit de tous ces usages, les collégiens ne s'estiment cependant pas particulièrement mal dans leur peau, souligne Libération.

Frédéric Lavignette