croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Mutuelles : « Répondre efficacement, sans perdre son identité »

"Montée en puissance des assurances, augmentation des frais médicaux et des taxes en tout genre sur les contrats des complémentaires santé : les mutuelles et leur fonctionnement démocratique sont mises à rude épreuve", constate Le Nouvel Economiste, dans un dossier consacré aux enjeux des mutuelles dans le contexte actuel.

Pour faire face à l'adversité, les mutuelles misent notamment sur les regroupements, souligne l'hebdomadaire. Alors que les assureurs et les institutions de prévoyance gagnent du terrain, "six Français sur dix restent protégés par une mutuelle de la Mutualité Française, soit près de 38 millions de personnes couvertes et quelque 18 millions d'adhérents".

En octobre, la taxe spéciale sur les conventions d'assurances (TSCA) sur les contrats solidaires et responsables a relevée de 3,5% à 7%. "Pour mettre la main sur quelque 1,2 milliard d'euros, l'ancien gouvernement a réduit à deux points l'écart entre la taxation d'un contrat ”solidaire et responsable”, et celle d'un contrat ”ordinaire”", rappelle Le Nouvel Economiste. Inacceptable pour Etienne Caniard, qui dénonce les effets pervers de cette mesure. "D'abord, elle a provoqué le renchérissement des contrats, observe-t-il. Mais il y a aussi un autre effet : en réduisant fortement la différence de taxation entre les contrats responsables et solidaires et les contrats standards, l'Etat se prive d'un outil de régulation, d'un levier permettant d'encourager un comportement plus vertueux de la part des complémentaires."

Interrogé sur les regroupements qui se multiplient, le président de la Mutualité affirme que "pour les mutuelles, la question n'est pas de défendre un modèle basé sur des caractéristiques statutaires, mais de savoir apporter une réponse efficace sans perdre leur identité".

Quant au risque que ces "mastodontes" perdent l'enracinement local qui a fait la force du mouvement mutualiste, Etienne Caniard estime au contraire que "l'augmentation de la taille n'est pas synonyme d'éloignement. Au contraire, elle doit servir d'incitation à renforcer la présence territoriale".

La France malade de ses hôpitaux
Sur les 603 hôpitaux français, 43% sont en déficit pour un total de 637 millions d'euros : Le Point (pages 86 à 99) évoque une situation financière "désastreuse" pour les hôpitaux publics. L'hebdomadaire affirme qu'il a eu des difficultés à se procurer les chiffres issus de la base de données HospiDiag de l'Agence nationale d'appui à la performance (Anap), qui contrôle l'activité hospitalière.

Fort de ces statistiques, Le Point publie la liste des 100 hôpitaux les plus endettés (page 91), celle des 100 blocs opératoires ayant la plus faible activité (page 93), et la liste des 50 établissements les plus dépensiers (page 98). Le critère retenu n'est pas le nombre d'interventions par an, mais l'indice de coût relatif (ICR), qui reflète mieux l'utilisation et l'organisation des blocs opératoires. Selon des comparaisons effectuées avec 25 pays européens, la France arrive en 8e position pour le nombre de lits d'hôpitaux par habitant. Elle se retrouve en bas du tableau pour la mortalité à l'hôpital après un AVC.

Nos compatriotes "pensent que plus on dépense, mieux on soigne. C'est faux, affirme Jean de Kervasdoué, écono­miste de la santé. L'espérance de vie des Français est légèrement inférieure à celle des Italiens ou des Espagnols, nettement moindre que celle des Japonais, alors que leurs trois pays dépensent moins pour la santé que le nôtre". "Le système de santé français, c'est ce que j'appelle le choix le plus cher : l'hôpital plutôt que la ville, les médecins plutôt que les infirmières, les spécialistes plutôt que les généralistes et des médicaments au-delà du nécessaire", juge Jean de Kervasdoué.
John Sutton