Mut’écho : une crèche aux petits soins pour les enfants déficients visuels

A Toulouse, la Mutualité Française Haute-Garonne Ssam gère une crèche installée dans les locaux de l’Institut des jeunes aveugles. Cette situation facilite l’accueil et l’accompagnement d’enfants déficients visuels. Un reportage à retrouver dans le dernier numéro du mensuel mutualiste Mut’écho.

"Je n’ai jamais confié mon enfant à quiconque, sauf à la crèche Aux plaisirs des bambins", confie Guillaume, son bébé de 1 an blotti dans ses bras. Ce lundi matin, ce jeune papa vient de déposer Théotime à la crèche pour toute la journée, après avoir traversé la ville de Toulouse (Haute-Garonne).

Le choix de ce père pour cette crèche éloignée de son domicile se justifie par les difficultés de vision de Théotime. Le petit garçon a dû être opéré dès l’âge de 5 mois.

Aujourd’hui, il voit mieux et suit des séances de rééducation quotidiennes. Des professionnelles de la rééducation en basse vision – éducatrice spécialisée et orthoptiste de l’Institut des jeunes aveugles (Ija) de Toulouse – dispensent ces soins soit à domicile, soit dans cette crèche, gérée par la Mutualité Française Haute-Garonne Ssam (services de soins et d’accompagnement mutualistes). Sa spécificité est d’être implantée dans les locaux de l’Ija, ce qui facilite la collaboration.

"Essaie de deviner en touchant doucement ! "
Justement, une psychomotricienne de l’Ija, Christine, reçoit un groupe d’enfants de la crèche. Parmi eux : Rose, 3 ans, prise en charge du fait de sa déficience visuelle. Christine cherche à donner un maximum de points de repère spatiaux et temporels aux enfants, sans avoir de visée rééducative.

Elle invite un autre enfant, Tristan, à fermer les yeux. Le petit garçon, appuyé aux genoux de la professionnelle de santé, s’efforce de suivre les consignes : "Qui est en face de toi ? Essaie de deviner en touchant doucement !" Il pose sa main sur Rose, qui proteste. "Il faut que les enfants te touchent pour te reconnaître. Tu fais la même chose avec eux !"

Connaître les capacités des enfants
"Notre établissement ressemble à toutes les autres crèches !", insiste sa directrice, Béatrice Lafont. Aucune adaptation particulière n’a, en effet, été réalisée. "Les enfants déficients visuels sont accueillis comme les autres."

Au moment de l’inscription, les parents remplissent une fiche sur les habitudes de leur bébé : rythme de veille et de sommeil, activités… "Nous observons les enfants et adaptons nos comportements en fonction de leur développement."

Une attention particulière est portée au dialogue avec les parents des enfants déficients visuels : "L’accueil de leur enfant dans notre crèche leur permet de mieux prendre conscience de ses capacités et de ses difficultés par rapport aux autres, celles qui sont spécifiques du handicap."

Vous pouvez retrouver ce reportage en intégralité dans le mensuel Mut’écho, le magazine des sympathisants et des partenaires de la Mutualité.

Milène Leroy