Municipales 2008 : vague socialiste

Les électeurs ont adressé "un avertissement" à Nicolas Sarkozy, titre La Tribune "en une", à propos des résultats du second tour des élections municipales. Comme le note l’ensemble des journaux, la gauche est la grande gagnante de ce scrutin. A noter également que l’abstention a atteint un niveau record proche de 35%. Alors que "François Hollande s’était fixé pour objectif la prise de 30 villes de plus de 20 000 habitants, (...) le PS fait mieux qu’espéré", relève Le Parisien/Aujourd’hui (pages 2 à 16). Désormais, la gauche détient 183 villes de plus de 30.000 habitants, contre 124 à droite. "7 des 10 premières villes françaises sont passées à gauche", ajoute Libération (pages 2 à 15). Le Figaro (pages 2 à 15) se livre à une énumération : Toulouse, Strasbourg, Caen, Saint-Etienne, Amiens, Reims, Brive, Quimper, Mets, Blois, Angoulême, Saint-Denis de la Réunion ou encore Périgueux.

Dans cette dernière ville, où le ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, a été battu, "la liste d’union de la gauche a su mobiliser l’électorat en bousculant les certitudes d’une droite qui se croyait intouchable", poursuit L’Humanité (pages 2 à 10). D’autres ministres ont également connu la défaite. C’est le cas de la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, de la secrétaire d’Etat des droits de l’Homme, Rama Yade, ou encore de la ministre de la Culture, Christine Albanel. De son côté, la ministre de la Justice, Rachida Dati, remporte la mairie du 7e arrondissement de Paris. Dans la capitale, "Delanoë s’offre un triomphe", commente La Tribune (pages 22 et 23) puisque "la majorité du maire (PS) sortant conserve facilement les douze arrondissements qu’elle dirigeait".

En perdant plus d’une trentaine de grandes villes, la droite doit "incontestablement accélérer le rythme du changement", estime l’éditorialiste Etienne Mougeote dans Le Figaro (page 25). C’est d’ailleurs ce qu’a laissé entendre hier soir le Premier ministre, François Fillon, en déclarant : "Nous allons poursuivre cette politique, parce qu’il faut de la ténacité pour réformer notre pays."

Ces réformes "sensibles de l’après-scrutin" doivent reprendre à partir du 25 mars, précisent Les Echos (pages 2 à 6). "Après six semaines de trêve électorale, le calendrier parlementaire est encore plus chargé qu’à l’automne", juge ce quotidien économique. En effet, le paysage syndical va prochainement être remis à plat, tout comme les contrats de travail. "Afin de tourner au plus vite la page des municipales", le président de la République devrait procéder "d’ici à mardi soir" à quelques "ajustements" ministériels, indique Le Figaro.

Assurance maladie : une amélioration grâce aux recettes
Au lieu des 11,7 milliards d’euros prévus, le déficit 2007 de la Sécurité sociale devrait être compris entre 9,5 et 9,6 milliards, indiquent Les Echos (page 7). "Cette amélioration est liée avant tout à un surcroît de quelque 2 milliards d’euros de recettes." Une bonne rentrée de cotisation liée à des créations d’emplois et une plus-value de 1 milliard d’euros de CSG sur les revenus du capital (patrimoine et placement) expliquent ce meilleur résultat. Toutefois, poursuivent Les Echos, "la situation du régime général se dégrade par rapport au déficit de 8,7 milliards qui avait été constaté en 2006, en raison de la détérioration durable des comptes de l’assurance vieillesse".

La branche maladie est la principale bénéficiaire de cette hausse des recettes. Elle a "le plus bénéficié de l’excédent de cotisations et a, en outre, encaissé davantage de recettes au titre des recours contre tiers auprès des assureurs", relève ce quotidien économique. Côté dépenses, le "dérapage" n’a pas excédé 3 milliards d’euros, "grâce notamment au plan d’économie d’urgence décidé l’été dernier dans le cadre de la procédure d’alerte". Prévu pour être de 6,2 milliards en 2007, le déficit serait de 4,8 milliards d’euros.

En dépit de cette légère amélioration, le gouvernement n’est pas sûr de pouvoir présenter à Bruxelles un déficit public en baisse de 2,3% du PIB. Pour Les Echos, cette situation plaide pour une accélération des réformes en cours : revue générale des politiques publiques, réforme des retraites et de la carte hospitalière.

Euthanasie : verdict aujourd’hui
Le tribunal de grande instance de Dijon doit rendre aujourd’hui son jugement sur la demande du droit à l’euthanasie formulée par Chantal Sébire, annonce Le Parisien/Aujourd’hui (page 18). Victime d’une tumeur rare et incurable des sinus et de la cavité nasale, cette ancienne institutrice de 52 ans "n’en peut plus", explique Libération (page 20). "Défigurée et rendue presque aveugle", les souffrances lui sont "atroces". C’est pour cela qu’elle a demandé à la justice d’autoriser un médecin à lui fournir des médicaments létaux, pour mourir "auprès des siens, et non pas dans une longue agonie médicalisée". Vendredi, rapporte La Croix (page 8), le procureur de la République de Dijon a estimé cette requête "irrecevable".

Frédéric Lavignette