Mortalité néonatale : la France à la traîne

Dans un rapport baptisé "Péristat" et rendu public hier, l'Inserm a comparé plusieurs indicateurs de santé périnatale de 26 pays de l'Union européenne, plus ceux de l'Islande, de la Norvège et de la Suisse. Menée tous les cinq ans, cette enquête laisse apparaître que la mortalité liée à la natalité peine à s'améliorer en France, que ce soit du côté maternel ou du côté des nourrissons.

"Un premier constat déroutant concerne la mortalité néonatale", prévient Le Figaro (page 11). Les décès de nourrissons de moins de 27 jours représentent un taux de 2,3 morts pour 1.000 naissances, ce qui place certes la France en légère progression par rapport à la précédente enquête, "mais beaucoup moins que la plupart des autres pays européens". Alors qu'elle était 6e il y a cinq, ans, la France se retrouve désormais classée au 17e rang, après l'Islande, la Suède, la Finlande et le Danemark.

Pour le Pr François Goffinet, directeur de l'unité de recherches épidémiologiques en santé périnatale de l'Inserm, plusieurs facteurs expliquent le retard français, à commencer par le recul de l'âge des mères : "Plus de 19% des femmes enceintes ont désormais plus de 35 ans, contre moins de 16% lors de la précédente enquête", écrit le journal qui cite également l'augmentation des cas d'obésité comme autre facteur de risque pour la santé des mères et de leurs nourrissons.

En outre, la multiplicité des grossesses chez les Françaises influe aussi sur les résultats de mortalité, au même titre que le tabagisme, le plus important en Europe. Pendant leur grossesse, nos concitoyennes sont 17% à fumer, contre 5% en Suède. Or, le tabac augmente le risque des naissances prématurées ou de mort subite du nourrisson.

Mais ces raisons ne sont sûrement pas les seules, ajoute l'enquête, car "d'autres facteurs, tenant à l'organisation des soins, aux pratiques médicales ou à la prise en charge des femmes enceintes, pourraient aussi expliquer les médiocres résultats".

Les hôpitaux face à leurs dettes
Dans un rapport publié hier, l'Inspection générale des finances (IGF) invite les établissements de santé à "limiter fortement" les emprunts bancaires à court terme, car leur endettement a triplé sous le poids des investissements ces dix dernières années.

Comme le rapportent Les Echos (pages 2 et 3), les hôpitaux se sont "massivement" endettés pour financer les programmes d'investissement d'Hôpital 2007 et Hôpital 2012, au point que "l'encours des prêts de moyen et long terme est passé de 9 milliards d'euros en 2003 à plus de 24 milliards en 2011" .

Les hôpitaux souffrent de surcroît d'un "assèchement de l'offre de crédit". Depuis la faillite de la banque Dexia, habituée à les financer, les établissements peinent, en effet, à trouver des banquiers qui acceptent de prendre le risque de leur accorder un prêt, ou alors à des taux d'intérêts élevés. "Bien que les établissements soient soutenus par l'Etat en cas de difficulté, poursuivent Les Echos, les incidents de paiement se sont multipliés ces dernières années, en particulier sur les lignes de trésorerie de court terme accordées par les banques."

Par conséquent, l'IGF suggère de "resserrer drastiquement le recours aux lignes de trésorerie dans l'immédiat et de les in­terdire purement et simplement à moyen terme", rapporte le quotidien.

L'e-cigarette bientôt encadrée ?
Dans un rapport remis aujourd'hui à la ministre de la Santé, le Pr Bertrand Dautzenberg préconise une vingtaine de recommandations sur l'utilisation de la cigarette électronique dont 500.000 personnes sont devenues adeptes en France, signalent Les Echos (page 13).

Ce pneumologue et président de l'Office français de prévention du tabagisme propose, par exemple, d'en interdire son usage dans les lieux publics ou d'en réserver la vente aux majeurs dans des "établissements agréés", ajoute Le Parisien/Aujourd'hui (page 4). Dans le même élan, il propose d'adapter la loi Evin à cette cigarette, c'est-à-dire d'interdire sa publicité.

Concernant le liquide utilisé pour remplir la cigarette électronique (un composé de propylène glycol ou de glycérol, de divers arômes et de nicotine), le rapport préconise de limiter la concentration de cette dernière au taux maximal de 18 mg/ml, contre 20 mg/ml actuellement. Il propose également d'obliger les distributeurs et les fabricants de "prouver l'innocuité des arômes proposés".

Frédéric Lavignette