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Molécules coûteuses pour l’assurance maladie : recommandations de la HAS

Afin de réaliser 130 millions d’euros d’économies, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2009 prévoit une sévère lutte contre les prescriptions excessives de certains médicaments. A ce titre le gouvernement a demandé en avril dernier à la Haute Autorité de santé (HAS) de publier les recommandations pour guider les professionnels de santé dans l’utilisation des molécules coûteuses pour l’assurance maladie. Or, signalent Les Echos (page 4), le ministre du Budget commence à s’impatienter estimant que la HAS ne va pas assez vite dans la mission qui lui a été confiée.

Comme le rapporte le quotidien économique, l’exécutif souhaite en effet limiter l’usage de trois catégories de molécules "dont les prescriptions ne sont pas toujours justifiées" : les produits contre l’hypertension, contre le mauvais cholestérol et contre les ulcères. Il y a quelques jours, la HAS a publié une première recommandation sur le traitement de l’hypertension. Les recommandations concernant les autres molécules devront attendre l’année prochaine.

Pour Eric Woerth, "c’est beaucoup trop lent". Le ministre du budget s’en est plaint publiquement la semaine dernière devant l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis). De son côté, dans un entretien qu’il accorde aux Echos, le président de la Haute Autorité de santé se défend. Il estime "au contraire" être allé "assez vite".

Selon Laurent Degos, il faut en effet un certain temps pour "garder une approche scientifique, concertée et transparente. Nous ne voulons pas prendre de décisions arbitraires ! Il faut évaluer les expertises, confronter notre analyse à celle du laboratoire pharmaceutique qui commercialise le médicament...".

Depuis maintenant un an, rappelle le journal, un nouveau rôle "médico-économique" a été assigné à la HAS par la loi. "En même temps que l’intérêt thérapeutique des soins, elle doit tenir compte de leur impact sur les comptes de la Sécurité sociale. Un sujet très sensible, puisque cela peut aboutir à limiter l’accès d’un médicament ou d’un acte médical à certains assurés."

Ainsi, la première fiche que la HAS vient de publier au sujet de l’hypertension artérielle recommande de prescrire en premier lieu les molécules les moins chères, les IEC. Les sartans, produits de nouvelle génération, seront réservés aux patients qui ont du mal à supporter les IEC.

Dans quelques jours, annonce Laurent Degos, "un référentiel sur les radiographies du crâne, de l’abdomen et du thorax, qui sont trop souvent inutiles et coûtent des dizaines de millions d’euros par an" sera publié. Une évaluation des anti-ulcéreux de la classe des inhibiteurs de la pompe à protons, ainsi que des statines contre le cholestérol sera publiée début 2009.

Hôpital : menaces sur l’emploi
Pour retrouver l’équilibre budgétaire, les hôpitaux publics et privés à but non lucratif devront certainement recourir à la compression du personnel. C’est en tout cas le constat que formule le délégué général de la Fédération hospitalière de France (FHF) dans La Tribune (page 25).

En effet, selon Gérard Vincent, le déficit de ces établissements devrait dépasser 800 millions d’euros cette année. A eux seuls, indique-t-il, les CHU "vont annoncer en 2008 pas loin de 500 millions d’euros de déficit". D’ailleurs, sur les 32 CHU que compte le pays, seulement 2 établissements ne sont pas déficitaires.

Les hôpitaux invitent donc de plus en plus leur personnel au départ. A Nantes, explique le quotidien, les 8.200 personnels non médicaux du CHU ont reçu par exemple un courrier "proposant 150 à 200 départs volontaires pour mars 2009, dans le cadre d’un plan de retour à l’équilibre".

"Toucher à la masse salariale pour revenir à l’équilibre" semble être désormais installé dans les esprits, estime Gérard Vincent. Les dépenses de personnel représentent en effet 67% des charges des hôpitaux.

"Les personnels administratifs et techniques sont les premiers visés par les mesures d’économies", explique La Tribune. En revanche, les personnels soignants ont moins d’inquiétude à avoir : ils sont en effet prioritaires afin de garantir la qualité des soins et le niveau d’activité, "un critère déterminant depuis la réforme de la tarification à l’activité (T2A)".

Frédéric Lavignette