Mobilisation pour le dépistage du cancer colorectal

Les pouvoirs publics lancent une vaste campagne de sensibilisation au dépistage du cancer colorectal, tout au long du mois de mars. Objectif : informer les plus de 50 ans et les inciter à effectuer un test de dépistage tous les deux ans. Chaque année, 37.000 personnes sont confrontées à ce cancer.

Le dépistage du cancer colorectal part en campagne. La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, le président de l'Institut national du cancer (Inca), Dominique Maraninchi, et le président de la Ligue contre le cancer, Francis Larra, ont donné le coup d'envoi d'une campagne de sensibilisation qui se déroule tout au long du mois de mars. Au programme : la diffusion d'un spot télé et radio, ainsi que l'organisation d'une exposition itinérante qui sillonnera 20 grandes villes de France dans 11 départements.

"L'objectif de cette exposition mobile est de toucher des personnes qui ne vont pas souvent chez le médecin", explique Dominique Maraninchi. Nous souhaitons les informer sur cette maladie et surtout lever leur crainte quant au dépistage."

Cette campagne marque également la généralisation du dépistage organisé du cancer colorectal à l'ensemble du territoire. Ce dispositif était expérimenté depuis 2002, dans 23 départements pilotes. Le test de dépistage du cancer colorectal, dit test Hemoccult II®, s'adresse aux hommes et femmes de 50 à 74 ans. Il est entièrement pris en charge par l'assurance maladie.

Au moins 50% de participation
"Le taux de survie à cinq ans, lorsque le cancer colorectal est diagnostiqué et traité à un stade précoce, est de 94% !", a rappelé en préambule la ministre de la Santé. "Le dépistage est efficace, à condition de le faire", a insisté Dominique Maraninchi. "Sur un million de tests effectués, 8.000 tumeurs bénignes et 2.000 cancers sont diagnostiqués. Mais des études nous montrent que cette maladie reste encore mal comprise."

Des efforts restent à faire pour améliorer le recours au dépistage. Des études menées dans les départements pilotes ont montré un taux de participation de la population de 43%."Nous devons augmenter ce niveau de participation, a martelé Francis Larra. Il faut parvenir à un taux de participation de 50% pour commencer à faire baisser la mortalité."

Demandez le test à votre médecin traitant
Dernier axe de la campagne : des documents de sensibilisation ont été envoyés aux professionnels de santé, notamment aux médecins généralistes. "Leur rôle est central, a insisté Roselyne Bachelot. La remise du test par le médecin traitant suscite une meilleure adhésion à la démarche du dépistage et garantit une utilisation dans de bonnes conditions."

Le test actuellement en vigueur nécessite une prescription de votre médecin et peut se faire à la maison : il consiste à prélever un petit échantillon de selle sur une plaquette qu'il faut envoyer pour analyse. Une fois l'échantillon reçu, le laboratoire cherche des traces de sang, invisibles à l'oeil nu. 97% des tests sont négatifs. Si du sang est néanmoins détecté, votre médecin traitant devra alors vous prescrire une coloscopie pour rechercher une lésion éventuelle. Elle est prise en charge dans les conditions habituelles par l'assurance maladie et par votre mutuelle.

On estime que 60% à 80% des cancers colorectaux se développent à partir d'une tumeur bénigne, appelée polype ou adénome. Avec le temps, ces adénomes peuvent grossir et devenir cancéreux. Cette évolution dure plus de 10 ans en moyenne.

Avec plus 37.000 nouveaux cas par an, le cancer colorectal se situe au troisième rang des cancers les plus fréquents en France, après celui de la prostate et du sein. Il représente, avec près de 17.000 victimes par an, la deuxième cause de décès par cancer après celui du poumon.

Philippe Rémond