Mobilisation contre la réforme des retraites : premier round réussi

La démonstration de force est incontestable et les syndicats estiment avoir atteint leur objectif. Avec deux millions de personnes dans les rues, les partenaires sociaux ont marqué un point contre la réforme des retraites, titrent lesechos.fr. En raison d'un mouvement de grève, seules les versions électroniques de vos quotidiens sont disponibles.

A l'appel de l'intersyndicale (CGT, CFDT, FSU, Sud et Unsa), les 200 manifestations recensées hier dans tout le pays ont réuni deux fois plus de monde que lors de la journée du 27 mai. Comme pour minimiser cette mobilisation, l'Elysée a toutefois indiqué que c'est "un peu moins qu'au plus fort de la contestation contre la réforme de 2003".

Mais "c'est un fait", admet le quotidien économique, "ni l'arrivée de l'été, ni la communication massive du gouvernement, ni même l'étonnante capacité des footballeurs français à détourner l'attention médiatique n'auront empêché le ”sursaut” des salariés que promettaient les syndicats face au relèvement de l'âge légal de départ".

Forts de ce succès, relève latribune.fr, les partenaires sociaux réclament "une révision en profondeur du projet de l'exécutif" dont le début d'examen à l'Assemblée nationale est fixé au 7 septembre. Pour le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, le texte ne doit même pas arriver jusque-là. Dans lesechos.fr, il estime qu'"il ne faut pas que le projet de loi soit examiné au Conseil des ministres le 13 juillet mais qu'on ouvre une véritable séance de négociations".

Dans libération.fr (pages 2 et 3), le leader de la CFDT, François Chérèque, ap­pelle plutôt à un débat parlementaire à la rentrée. Il propose de "harceler les élus". "Il faut que les gens aillent voir leur député et leur expliquent, les yeux dans les yeux, qu'ils ont commencé à 18 ans, et qu'ils vont devoir travailler 44 ans pour pouvoir partir à 62 ans".

Sur ce point, le gouvernement ne devrait pas céder. Même s'il juge cette mobilisation "assez forte", rapportent lesechos.fr, Eric Woerth considère qu'elle n'est pas en soi "un avertissement" mais qu'elle relève d'un "soubresaut social" traditionnel en France. Le ministre du Travail promet de "revoir les syndicats rapidement, mais uniquement pour évoquer, comme déjà annoncé, des gestes sur la pénibilité, les polypensionnés et les carrières longues".

Le Premier ministre doit tenir ce matin une conférence de presse sur "les finances et les retraites publiques", annonce latribune.fr. Ce "point d'étape" observe le quotidien économique, "laisse transparaître une volonté d'être ferme sur le projet présenté il y a dix jours à peine". Pour leur part, les syndicats se réuniront le 29 juin afin d'envisager les suites à donner au mouvement.

Les difficultés de l'AP-HP
Décidée par le chef de l'Etat, l'obligation de retour à l'équilibre budgétaire en 20a12 pose quelques difficultés à certains établissements hospitaliers, notamment à ceux de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Selon le site Internet de La Croix (la-croix.com), "de 21 millions d'euros en 2008, le déficit de l'AP-HP est grimpé à 96 millions en 2009. Et cette année, il devrait approcher les 100 millions d'euros".

Face à cette contrainte, poursuit le quotidien, la direction s'est vue obligée de "tailler un peu dans les effectifs, qui comprennent environ 90.000 personnes, dont un peu moins de 16.000 médecins". De surcroît, pour réaliser des économies et augmenter ses recettes, la direction a déployé un plan stratégique qui vise à rassembler dans 12 groupes hospitaliers les 37 établissements situés à Paris intra-muros.
Frédéric Lavignette