Mobilisation contre la réforme des retraites : J -1

A la veille de la mobilisation nationale contre la réforme des re­traites, un adjectif revient dans beaucoup de vos journaux : "décisif". Pour la une de Libération, comme pour celle de L'Humanité, les manifestations de mardi devraient en effet décider du devenir de ce projet de loi dont l'examen dé­bute ce même jour à l'Assemblée nationale.

Selon Le Figaro (pages 2 et 3), cette semaine sera également "décisive" même s'il ne faut pas s'attendre à de grands changements de fond. En effet, le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, a indiqué hier qu'aucune modification de fonds ne serait envisagée, "notamment sur le report de 60 à 62 ans de l'âge de départ à la retraite" entre 2011 et 2018, rapporte le quotidien. De son côté, indique La Croix (pages 2 et 3), Nicolas Sarkozy a justifié vendredi dernier la remise en cause des 60 ans par le fait que "passer de 60 à 62 ans, ça rapporte 28 milliards d'euros, voilà".

Hostiles à la version actuelle du texte qui repousse aussi l'âge du taux plein de 65 à 67 ans entre 2016 et 2023, les syndicats attendent près de deux millions de ma­nifestants, soulignent Les Echos (pages 2 à 4). Et les centrales veulent évidemment "obliger le gouvernement à revoir sa copie" sur ces principaux points, ajoute La Tribune (pages 2 à 4). Pour l'heure, avance ce journal, l'Elysée et le gouvernement se disent "prêts à aller plus loin, notamment sur la pénibilité au travail (ainsi que sur les carrières longues et les polypensionnés)" .
Selon Les Echos, le thème de la pénibilité devrait être "au coeur des réunions de la semaine entre l'Elysée, Matignon et le ministère du Travail". Quant aux éventuelles concessions accordées par l'exécutif, elles seront "en grande partie" liées à l'ampleur de la mobilisation de demain.

"Dans sa version actuelle, rappelle le quotidien économique, le projet de loi prévoit le maintien du départ à 60 ans pour les assurés qui souffrent d'un taux d'incapacité d'au moins 20%." De leur côté, les organisations syndicales réclament un départ anticipé pour les salariés qui ont exercé des tâches pénibles au cours de leur carrière. Elles font valoir que les effets induits par leur activité ne sont pas forcément visibles dès 60 ans.

Les syndicats sont également "sceptiques" face à la proposition du rapporteur UMP du projet de loi, Denis Jacquat, et de son collègue Pierre Méhaignerie, président de la commission des Affaires sociales. Leur amendement prévoit un "dispositif d'allégement ou de compensation de la charge de travail des salariés occupés à des travaux pénibles" notamment par des temps partiels, des primes, des journées de repos, voire une cessation anticipée d'activité "à titre exceptionnel".

Désapprouvée par le Medef, cette me­sure n'est pas non plus acceptée par le gouvernement. Ce dernier est davantage favorable à des amendements qui visent à améliorer la prévention de la pénibilité, en particulier grâce à certaines dispositions sur la médecine du travail.

Réduire les blocs opératoires en Ile-de-France
"Trop de blocs opératoires tournent au ralenti la nuit." C'est l'un des constats d'un rapport de l'agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France. Intitulé "Permanence des soins hospitaliers : organisation et financement", ce document, dévoilé hier par Le Parisien/Au­jourd'hui, préconise de réduire à un seulement par département, le nombre de blocs opératoires de nuit, qui varie actuellement de 6 à 11. La raison avancée est que l'activité observée dans ces blocs entre 18 h 30 et 8 heures du matin est trop faible.

Le nouveau schéma d'organisation préconisé par l'ARS d'Ile-de-France "doit aboutir à assurer un égal accès aux soins sur tout le territoire (...) et rendre le dispositif plus efficient", rapportent Les Echos (page 6). Dans la pratique, cette initiative qui pourrait s'étendre aux autres régions propose qu'un seul établissement, dit "tête de pont", concentre les urgences chirurgicales et les services d'imagerie médicale la nuit, les week-ends et les jours fériés, indique La Croix (page 7). En revanche, "tous les autres services spécialisés comme la maternité, la chirurgie viscérale ou la cardiologie resteraient ouverts vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept".
Cette question sera abordée par l'ARS le 30 septembre prochain, lors d'une réunion avec les présidents des conférences médicale d'établissements habilités à recevoir des urgences.
Frédéric Lavignette