Michèle Delaunay annonce une loi sur la dépendance pour fin 2013

"Le calendrier est fixé. La loi sera prête fin 2013", assure Michèle Delaunay, la mi­nistre chargée des Personnes âgées et de l'Autonomie, dans le supplément Argent & patrimoine du Monde (page 3). Après la remise officielle de trois rapports au Premier ministre dans quelques jours, "nous organiserons des concertations avec les associations, les syndicats et bien sûr les conseils généraux qui jouent un rôle déterminant puisqu'ils financent l'allocation personnalisée d'autonomie (Apa)", explique-t-elle.

Il est vrai qu'il y a urgence pour les personnes dépendantes et leurs familles, remarque Le Monde (page 2). Une place en maison de retraite revient en moyenne à 1.857 euros par mois au résident. Soit deux fois le montant moyen actuel de la pension d'une femme, selon le cabinet d'audit KPMG. "C'est intenable. Les familles sont obligées de dilapider leur patrimoine, quand elles en ont un", regrette Pascal Champvert, à la tête de l'Association des directeurs au service des personnes âgées.

La ministre souhaite encadrer les loyers des maisons de retraite. "Pour diminuer le reste à charge supporté par les familles, nous allons orienter davantage les aides publiques vers ceux qui en ont le plus besoin, promet également Michèle Delaunay dans le supplément du Monde. Nous allons aussi demander aux établissements de réduire leurs coûts."

La question financière est un vrai casse-tête pour les 4,3 millions d'aidants. Fatigue, stress, vie professionnelle entre parenthèses… près de 40% des personnes qui aident un proche dépendant se disent "dépressives". Elles ne bénéficient d'aucun statut qui leur donnerait la possibilité d'aménager leur temps de travail. Certes, il existe des initiatives de la part des mutuelles ou des associations, constate Le Monde. "Mais il faut aller plus loin", selon Luc Broussy, auteur du rapport sur l'adaptation de la société au vieillissement démographique. Il préconise "la mise en place d'un guichet unique dans tous les départements". "L'objectif est de créer des maisons de l'autonomie sur le modèle des PMI, afin de répondre aux angoisses des familles et de les orienter", explique Luc Broussy.

Tout cela a un coût. Les dépenses liées à la dépendance atteignent déjà 34 milliards d'euros : environ 24 milliards sont à la charge de l'Etat, (dont 14,5 milliards pour la Sécurité sociale et 5,5 milliards pour l'Apa financée par les départements) et 10 milliards assurés par les particuliers. En 2040, il faudra trouver dix milliards d'euros de plus par an.

Pascal Champvert exige "un peu de courage politique". "A force de crier haro sur l'impôt, les Français refusent toute hausse des prélèvements, mais il faut leur faire comprendre qu'il est moins douloureux de faire supporter cet effort par l'ensemble de la population", estime-t-il.

Le gouvernement devra trancher, tout en restant dans le cadre fixé par le président de la République : un financement partagé entre la solidarité et la responsabilité individuelle. L'assurance privée pourrait jouer un rôle de complément, si la couverture et la lisibilité des contrats dépendance s'amélioraient.

Pour réduire les coûts, l'accent sera également mis sur la prévention. Dans ce domaine, de nombreuses actions sont déjà mises en œuvre par des mutuelles, des groupes de prévoyance, des régimes de retraite complémentaire ou encore la Caisse nationale d'assurance vieillesse, souligne Le Monde. Faciliter le maintien à domicile nécessite aussi de repenser et d'adapter l'habitat. L'idée de créer une filière industrielle fait son chemin…

Infirmières, aides-soignantes, aides à domicile… 350.000 postes devraient enfin être créés dans la prochaine décennie, selon la Dares. "Il faut promouvoir ces métiers dès le collège, puis donner en­suite à chacun la capacité d'évoluer, sachant que rien de sérieux ne se fera sans revalorisation salariale", souligne Luc Broussy.

Le chômage s'approche du record de 1997
"Nouveau coup dur pour François Hollande, souligne Le Parisien/Au­jourd'hui (page 7). Pour le 21e mois d'affilée, le chômage a continué son inexorable hausse, en janvier." La potion est particulièrement amère avec près de 44.000 demandeurs d'emploi supplémentaires le mois dernier, soit une augmentation de 1,4% pour la catégorie A.

Cette progression porte leur nombre à 3,169 millions, un chiffre proche du triste record de 1997 (3,195 millions).
Mais ces chiffres s'expliquent en partie par un nouveau mode de calcul, explique Libération (page 19). En effet, une évolution, le mois dernier, des règles relatives aux radiations administratives a conduit à gonfler artificiellement les statistiques. Sans cette modification, la hausse de janvier n'aurait été "que" de 22.800 inscrits en catégorie A, indique le quotidien.

Malgré ces mauvais résultats, l'entourage du ministre du Travail, Michel Sapin, a confirmé hier que l'objectif était toujours "d'inverser la courbe du chômage d'ici à la fin de l'année", comme s'y est engagé le président de la République. Pour y parvenir, le gouvernement mise sur les contrats de génération (les décrets d'application seront publiés fin mars), les emplois d'avenir et sur la loi sur la sécurisation de l'emploi, rappelle Le Parisien/Aujourd'hui (page 7).

John Sutton