Médicaments : vers de nouvelles baisses de remboursement de la Sécu

Le gouvernement envisage un plan d'économies de 2,5 milliards d'euros pour limiter le déficit de la Sécu, selon les informations du quotidien Les Echos du 16 septembre. Principales mesures pour les assurés sociaux : le remboursement des médicaments à vignette bleue par la Sécu passerait de 35% à 30% et le reste à charge pour les consultations de médecin pourrait augmenter. "Il est clair que la Mutualité Française ne saurait approuver et accepter ces mesures qui pénaliseraient nos concitoyens et rendraient plus difficile l'accès aux soins", fait savoir son président Jean-Pierre Davant.

"Assurance maladie : le plan choc du gouvernement", titrent Les Echos en "une". Le journal révèle les mesures que le gouvernement envisage pour renflouer les caisses de l’assurance maladie. Selon le quotidien, trois d’entre elles "risquent de provoquer des remous". La première de ces mesures concerne le taux de remboursement des médicaments à vignette bleue.

Ces médicaments pris en charge actuellement à 35 % par le régime obligatoire devraient voir leur taux de remboursement passer à 30 %. "Une petite révolution", estiment Les Echos. Ce taux s’applique aux médicaments dont le service médical rendu (SMR) est jugé modéré. Ils représentent plus du quart des volumes prescrits par les médecins, mais moins de 8 % des remboursements, précise le quotidien. Cette mesure représenterait une économie de 165 millions d’euros pour le régime obligatoire.

La deuxième piste consiste à relever le ticket modérateur d’un demi point sur tous les actes médicaux (médecins, infirmières, kinés…). Economie attendue : 300 millions d’euros. A titre d’exemple, pour une consultation d’un médecin en ville, la prise en charge par la "Sécu" passerait de 70% à 69,5%.

La troisième mesure concerne les soins délivrés à l’hôpital. Comme l’expliquent Les Echos, actuellement "un ticket modérateur de 20 % est payé par le patient sur les actes jusqu’à 91 euros de frais". Ce seuil serait relevé à 120 euros.

Pour l’assurance maladie, ces trois mesures permettraient d’économiser entre 400 et 500 millions d’euros. "La plupart des malades ne seront pas touchés au portefeuille, car les mutuelles devraient chaque fois prendre en charge la différence", avancent Les Echos.

Les autres mesures du plan gouvernemental concernent les laboratoires pharmaceutiques, les prescriptions, les tarifs de certains professionnels de santé (biologistes, radiologues…) ou ceux facturés par les hôpitaux et les cliniques. Au total, ce plan permettrait à l’assurance maladie obligatoire d’économiser plus de 2,5 milliards d’euros et pourrait limiter la progression des dépenses de remboursement à 2,9% en 2011.

"Malgré son ampleur, soulignent Les Echos, ce plan d’économies ne permettra pas de faire reculer le déficit de l’assurance maladie en 2011." Ce dernier devrait rester légèrement supérieur à 12 milliards d’euros, contre 11,6 milliards cette année. Les chiffres définitifs seront connus le 28 septembre. Quant au déficit global de la Sécurité sociale, toutes branches confondues, il devrait être très légèrement réduit l’an prochain à environ 23 milliards d’euros (contre 23,5 milliards cette année).

John Sutton