croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Médicaments : révision complète de la pharmacopée

"Nous allons entreprendre une révision complète de la pharmacopée : les Français consomment trop de médicaments et il y a trop de molécules sur le marché", annonce le ministre de la Santé dans un entretien au Monde (page 14) où il explique sa réforme dévoilée hier. "Je veux provoquer un changement de culture dans le système sanitaire" en renforçant la pharmacovigilance et la réactivité devant les signaux d’alerte, ajoute Xavier Bertrand. Il présentera un projet de loi, au plus tard début août, afin que le texte puisse être examiné au Parlement à l’automne.

Comment modifiera-t-il le système ? "L’Afssaps va devenir l’ANSM, l’Agence nationale de sécurité du médicament, annonce le ministre, répond-il. (...) L’ANSM conservera les tâches de pharmacovigilance et accueillera un département de pharmacoépidémiologie pour les études après la mise sur le marché. Le médicament doit être suivi tout au long de sa vie et s’il faut le retirer, cela doit être sans que la main ne tremble."

Afin d’éviter les conflits d’intérêts des experts avec les "labos" pharmaceutiques avec lesquels ils collaborent, le gouvernement compte instaurer "une déclaration publique d’intérêts pour tous les acteurs de santé : médecins, professionnels de santé, fonctionnaires, enseignants", note le quotidien du soir. Ces déclarations seront consultables sur une base de données publique. Par ailleurs, "les industriels auront l’obligation de publier toutes les conventions passées avec des praticiens, des journaux, des associations, des sociétés savantes, et les sommes versées à l’euro près".

"Plus aucun ministre de la Santé ne devra pouvoir dire qu’il ne savait pas qu’un médicament était suspecté de poser problème, comme cela a été le cas avec le Mediator®", assure Xavier Bertrand dans Le Monde. Il annonce également la création d’un "comité opérationnel des produits de santé, qui se réunira chaque semaine et dans lequel siègeront des représentants des agences sanitaires, de l’assurance maladie, de l’administration centrale, mais aussi du ministre".

Concernant les visiteurs médicaux, Xavier Bertrand estime que le système doit être revu "de fond en comble". Il commencera "par interdire les visites médicales individuelles dans les hôpitaux". "Nous verrons ensuite si nous élargissons la mesure à la médecine de ville", ajoute-t-il.

De son côté, la Mutualité Française se réjouit qu’un certain nombre de ses propositions soient reprises dans la réforme, "en particulier le fait de redonner du sens à l’AMM en y intégrant l’exigence du progrès médical", souligne Le Figaro (page 12). Le développement d’une information médicale indépendante, grâce à la création d’un site public de référence est "une très bonne nouvelle", souligne son président, Etienne Caniard, dans ce quotidien. "C’est une excellente chose que ce projet de réforme soit annoncé quelques jours après le rapport de la Haute Autorité de santé", ajoute-t-il.

La HAS propose en effet d’explorer d’autres stratégies thérapeutiques pour sortir du "tout médicament". Peu im­porte que le coût de telles thérapies soit plus élevé, s’il permet de mieux soigner les patients, assure le président de la Mutualité dans Le Figaro.

John Sutton