Médicaments récents : plus chers mais pas plus efficaces

Les médicaments les plus récents sont en général bien plus onéreux que les anciens de la même famille, mais pas forcément plus efficaces, estime Le Figaro (page 14), en s’appuyant sur deux exemples récents : un nouvel anticholestérol trois fois plus cher que les statines et plusieurs médicaments de deuxième génération destinés à traiter la schizophrénie, pour un coût vingt fois plus élevé ! Une étude publiée la semaine dernière dans The New England Journal of Medicine montre que le nouvel anticholestérol de Merck et Schering, commercialisé en France sous le nom d’Inegy® (ezétimibe, simvastatine), ne permettrait pas de dissoudre les plaques d’athérome à l’intérieur des artères, contrairement à ce qu’escomptaient les laboratoires pharmaceutiques. Certes, le taux de cholestérol est plus faible chez les patients ayant bénéficié du nouveau traitement, mais il n’y a pas de différence dans l’épaisseur des plaques d’athérome au niveau des artères carotides et des fémorales. Toute la question pour les médecins est de savoir s’il faut continuer à prescrire l’Inegy, sachant qu’il coûte trois fois plus cher que les statines sous forme de génériques…

Une question qui se pose également pour les traitements de la schizophrénie (Seroquel®, Zyprexa®, Geodon®, Solian®) introduits il y a dix ans parce qu’ils étaient plus efficaces et surtout présentaient moins d’effets secondaires que l’halopéridol®. Mais pour un coût, pour certains, vingt fois plus élevé. Une étude publiée récemment dans la revue médicale The Lancet conclut que ces spécialités de deuxième génération sont mieux tolérées (il y a moins d’arrêts thérapeutiques), mais pas plus efficaces, et surtout plus onéreuses. Le Pr Jean-François Bergman, ancien membre de la commission de la transparence, estime que "c’est le rôle de la Haute Autorité de santé de faire des recommandations aux médecins pour optimiser le rapport coût/efficacité des prescriptions".

Négociations sur le stress
Syndicats et patronat se retrouvent ce matin au siège du Medef pour transcrire en droit français l’accord européen de 2006, qui stipule que "si un problème de stress au travail est identifié, une action doit être entreprise pour le prévenir, l’éliminer ou le réduire", rapporte La Tribune (page 25). La récente vague de suicides de salariés, en particulier dans l’industrie automobile (Renault, PSA), a rappelé l’urgence de la lutte contre le stress au travail. En octobre 2007, lors de la conférence sur les conditions de travail, Xavier Bertrand avait demandé aux partenaires sociaux l’ouverture d’une négociation, rappelle le quotidien Les Echos (page 4). La discussion pourra s’appuyer sur les recommandations du rapport de Philippe Nasse et Patrick Légeron sur "la détermination, la mesure et le suivi des risques psychosociaux au travail", remis le 12 mars au ministre du Travail, note le quotidien La Croix (page 15). Le coût économique du stress (arrêts maladies, soins, médicaments, perte de productivité) est évalué à 3 à 4% du PIB par le Bureau international du travail (BIT), soit pour la France, "quelque 60 milliards d’euros". Les problèmes psychosociaux seraient responsables à eux seuls d’environ un quart des arrêts de travail.

John Sutton