Médicaments : moins de restrictions pour la vente en ligne ?

Un projet de décret du ministère des Affaires sociales et de la Santé relatif à la vente des médicaments en ligne a reçu hier un avis défavorable de l'Autorité de la concurrence. Ce texte vise à transposer une directive européenne de 2011 autorisant la vente de médicaments sur Internet.

En février, rappelle Le Monde (page 7), le Conseil d'Etat avait déjà épinglé le ministère qui, dans une ordonnance du 19 décembre 2012, avait "limité cette vente aux seuls médicaments dits en accès direct, c'est-à-dire vendus devant le comptoir du pharmacien, soit 455 spécialités". En référé, cette juridiction avait suspendu ces dispositions en "autorisant la vente à toutes les médications sans ordonnance (paracétamol, antitussif…) soit près de 4.000 spécialités".

L'Autorité de la concurrence suit le même mouvement en rendant son avis défavorable, poursuit Le Parisien/Au­jourd'hui (page 9). Elle estime en effet que le texte contient "un ensemble important d'interdictions et de restrictions non justifiées par des considérations de santé publique". En d'autres termes, ajoutent Les Echos (page 22), l'Autorité considère "qu'il n'y a aucune raison de limiter la vente en ligne aux seuls médicaments en libre accès dans les officines et recommande de l'élargir à l'ensemble des produits d'automédication", c'est-à-dire également à ceux qui sont également situés derrière le comptoir et délivrés sous le contrôle du pharmacien.

Elle juge également que l'obligation qui est faite au pharmacien d'ouvrir deux sites Internet, l'un pour les médicaments, l'autre pour les produits de parapharmacie, n'est nullement justifiée. Aucun pays européen n'est en effet soumis à cette disposition qui risque de mettre les pharmaciens français dans une position défavorable par rapport à leurs concurrents étrangers.

Par ailleurs, l'Autorité de la concur­rence s'oppose à ce que le projet de décret oblige le pharmacien "à pratiquer les mêmes prix sur son site Internet que dans son officine", complète Le Figaro (page 19). D'autant qu'au prix des médicaments en ligne, il faudra ajouter les frais de livraison. Dans le même sens, elle condamne l'obligation qui lui est faite de "stocker les produits destinés à la vente en ligne dans les mêmes locaux que ceux délivrés en offi­cine", indiquent Les Echos.

D'après Le Figaro, le ministère de la Santé utilise essentiellement l'argument de la sécurité sanitaire, "quitte à se retrouver en infraction avec le droit européen de la concurrence". Même ana­lyse pour Le Monde, qui voit aussi dans cette tentative de "minimiser tout risque" une volonté de "lutter contre la contrefaçon".

Les enjeux de la mastectomie préventive
Porteuse comme sa mère d'une mutation du gène BRCA1, l'actrice américaine Angelina Jolie a préféré prendre les devants en subissant une ablation préventive des deux seins. La décision est certes extrême mais, dans un article paru dans le New York Times, la star a expliqué vouloir échapper aux cancers du sein et de l'ovaire, cancer du sein dont est morte sa mère à l'âge de 56 ans.

Cette mutation du gène BRCA1 l'expose en effet "à un risque de 87% de développer un cancer du sein et de 50% pour celui de l'ovaire", rapporte Le Monde (page 6). Aussi, a-t-elle expliqué, "j'ai décidé de prendre l'initiative et de minimiser les risques autant que possible", en commençant par l'ablation des seins, "car le risque de cancer du sein est plus élevé que celui de l'ovaire et la chirurgie plus complexe".

En France, l'Institut national du cancer (Inca) a défini deux types de recommandations pour les femmes porteuses de mutations des gènes BRCA1 et BRCA2. En ce qui concerne les seins, la première recommandation consiste en une surveillance rapprochée, notamment par des IRM. La seconde est la chirurgie préventive.

Le recours à l'ablation des seins ou mastectomie est très variable selon les pays. A la différence des Etats-Unis, de la Hollande ou de l'Angleterre, où son taux peut atteindre 30 à 40%, la France la pratique peu, essentiellement pour des raisons culturelles "qui ne tiennent pas tant aux patientes qu'aux médecins", observe le professeur Pascal Pujol, du CHU de Montpellier.

La mastectomie, souligne ce médecin, est proposée par le corps médical comme une option, mais pas comme une recommandation, notamment parce qu'une fois sur deux il est nécessaire de réintervenir au niveau de la prothèse en raison d'une infection ou d'un hématome. En revanche, après 40 ans, l'annexectomie, c'est-à-dire l'ablation des ovaires et des trompes, est recommandée chez les porteuses de mutations des gènes Brca1 et BRCA2, écrit Le Monde. Et cela, du fait de la difficulté à détecter tôt ce type de cancer mais aussi parce que "leur pronostic est nettement moins bon".

Frédéric Lavignette