Médicaments : les manœuvres commerciales des laboratoires

Face à l’augmentation constante des dépenses de santé, la plupart des pays européens élaborent diverses stratégies pour contenir leurs déficits. Et régulièrement, c’est vers les médicaments qu’ils se tournent, comme en témoigne, en France, la récente baisse du taux de remboursement (de 35 % à 15 %) pratiquée sur 200 médicaments. Il faut dire que les dépenses liées aux médicaments pèsent lourd sur les comptes, note Le Figaro (page 26). Afin d’économiser 100 millions d’euros, le gouvernement a annoncé de nouvelles baisses de prix d’ici à décembre.

Ce type d’intervention n’est pas le seul moyen d’action entrepris par les gouvernements européens. Certains procédés sont beaucoup plus radicaux, comme l’indique le quotidien. En Angleterre, "les autorités de santé britanniques ont ainsi annoncé hier leur refus de rembourser le Tyverb®, un traitement de GSK contre le cancer du sein. Trop cher alors qu’il n’allonge la durée de vie des patientes que de quelques semaines"…

De leur côté, "les laboratoires bataillent pour défendre leurs marges et leur capacité à financer la recherche", explique Le Figaro. L’un de leurs procédés consiste à faire du neuf avec du vieux, à savoir "obtenir l’autorisation de médicaments existants… pour de nouvelles indications".

Ainsi, récemment, le laboratoire Roche a annoncé que l’Avastim®, son traitement utilisé pour le cancer colorectal et le cancer du sein, pouvait également "apporter des progrès notables dans le cancer de l’ovaire". Si tel était le cas, un nouveau marché pourrait s’ouvrir pour le laboratoire suisse.

Les laboratoires n’hésitent pas non plus à "démontrer l’effet bénéfique de l’utilisation prolongée d’un médicament, ou à modifier la structure chimique d’une molécule pour en faire une nouvelle, a priori plus efficace et avec moins d’effets secondaires". Il n’y a pas si longtemps, AstraZenaca a ainsi remplacé son Mopral® par l’Inexium®. Par ces méthodes, les labos tentent de compenser "la pénurie d’innovation".

Evolution de la prévoyance de la Mutualité Française
Lors de son assemblée générale, le 4 juin, l’Union nationale de prévoyance de la Mutualité Française (UNPMF) a acté "la nécessité de faire évoluer son modèle économique et juridique, afin d’assurer le développement à long terme de la prévoyance mutualiste", indiquent Les Echos (page 36). Si rien n’est encore tranché, le modèle d’avenir qui "tient la corde", poursuit le quotidien économique, serait la transformation de cette union en société anonyme (SA). "La nouvelle entité pourrait être opérationnelle en 2011", avancent Les Echos.

Ce projet d’évolution "provoque quelques remous internes", notamment de la part de certains syndicats, précise ce quotidien. "Peu importe la forme juridique de l’outil s’il reste sous contrôle mutualiste. Le risque de démutualisation est un faux débat", explique le président de l’UNPMF, Patrick Brothier. Pour Olivier Picaud, vice-président du comité de conseil R&B Partners, si ce projet se concrétise, "cela constituerait un choix très novateur et très structurant soulignant que l’on peut utiliser des armes modernes sans trahir ses idéaux d’origine".

Réforme des retraites : la position de la CFDT
Avec 95 % des suffrages, François Chérèque a été reconduit pour un troisième mandat comme secrétaire général de la CFDT. Un vote unanime des 1 500 délégués réunis en congrès à Tours, qui ont également validé l’allongement de la durée de cotisation pour l’obtention d’une retraite à taux plein.

"A 58,9 %, les délégués cédétistes ont ainsi repoussé un amendement présenté par certains congressistes, et qui demandait de renoncer à un tel allongement, afin de ne pas “donner un chèque en blanc“ au gouvernement", rapporte Libération (page 15). Si le principe de 41 ans de cotisation est validé (contre 40,5 ans aujourd’hui), la centrale s’oppose toutefois au départ à la retraite après 60 ans, comme le propose le gouvernement.

Selon Le Figaro (page 22), le gouvernement devrait dévoiler mardi soir une première version détaillée de son projet. Néanmoins, note le quotidien, "pas question de prendre du retard, pour ne pas décaler la suite du calendrier : examen en commission des Affaires sociales de l’Assemblée pendant la semaine du 19 juil­let […] puis séance dès le 7 septembre."

D’ici à mardi soir, les "ultimes arbitrages" doivent être rendus par l’exécutif et "c’est Nicolas Sarkozy lui-même qui tranchera, sans doute au cours du week-end", croit savoir le quotidien. Comme le notent Les Echos (page 2), la crainte du faux pas est bien présente et "le souvenir de 1995 hante l’Elysée". Le président de la République ne souhaite pas "connaître le même destin qu’Alain Juppé et Jacques Chirac". A l’appel de l’intersyndicale, des manifestations sont prévues le 24 juin pour "infléchir le projet du gouvernement", indique La Tribune (page 8).

Frédéric Lavignette et Jean-Michel Molins