croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Médicaments génériques : baisse des ventes

Douze ans après leur arrivée dans les pharmacies françaises, les médicaments génériques ont vu pour la première fois l'an dernier leurs ventes en volume reculer, soulignent Les Echos (page 19). Le nombre d'unités écoulées a diminué de 3%, à 614 millions de boîtes, contrastant avec la hausse de 6% enregistrée en 2010. En France, un médicament acheté sur quatre est un générique, mais la croissance de ces produits ne cesse de fléchir.

"Depuis plusieurs années, les prescriptions de médecine de ville baissent. Or les produits de médecine générale sont traditionnellement les plus génériqués", explique l'économiste de la santé Claude Le Pen.

A cette tendance, s'ajoute la défiance des Français vis-à-vis des labos phar­maceutiques depuis le scandale du Mediator®. "Le générique est une victime collatérale du climat déplorable qui a prévalu en France en 2011. Lorsque le médicament d'origine est sujet à caution, la copie l'est plus encore !", déplore Pascal Brière, président du Gemme, le syndicat des fabricants de génériques, qui appelle au lancement d'une campagne pour restaurer la confiance des assurés sociaux dans les génériques.

Il dénonce également la multiplication des mentions "NS", pour "non substituable", sur les ordonnances. Quelque 4% des médecins apposent systématiquement la mention "non substituable" sur leurs ordonnances, selon une en­quête de la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam).

Alors que "cette pratique a tendance à se répandre", selon Les Echos, le taux de substitution des médicaments de marque par des génériques est tombé de 82% en 2009 à 68% l'an dernier. "C'est d'autant plus dommage qu'un point de substitution dans le répertoire des produits pharmaceutiques correspond à 100 millions d'euros d'économies", souligne le président du Gemme. "Les génériques ont encore permis d'économiser 2 milliards d'euros l'an dernier, après 1,75 milliard en 2010", rappelle-t-il. Ce bilan du recul des ventes des génériques coïncide avec le début de difficiles négociations entre les syndicats de pharmaciens et l'assurance maladie sur la mise en place de nouveaux modes de rémunération.

Trop de médicaments inutiles encore remboursés
"Il faut absolument améliorer l'évaluation du médicament avec des taux de remboursement sélectifs, en fonction de l'efficacité", estime Etienne Caniard, dans une interview couplée du Dauphiné libéré et de Vaucluse matin,publiée aujourd'hui. "En 2010, la Sécurité so­ciale a en effet créé un taux à 15%, qui recouvre à la fois les médicaments dits à service médical rendu faible et ceux à SMR insuffisants, ajoute-t-il. Et les complémentaires ne peuvent pas les distinguer. Donc elles remboursent tout ou rien."

La Mutualité Française a mis en place, fin 2010, une expérimentation visant à exercer une sélectivité dans le remboursement des médicaments, en fonction de leur évaluation médicale. "Il s'agit aussi de trouver les moyens de lutter contre les “fausses innovations“, c'est-à-dire cette pratique qui consiste à redéposer un brevet sur un médicament connu, pour maintenir des prix hauts pendant un certain nombre d'années", explique Etienne Caniard.

La nouvelle loi du médicament constitue-t-elle une arme efficace contre la surconsommation ?, interroge Le Dauphiné. "Elle ne va pas assez loin, juge le président de la Mutualité Française. Il faudrait essayer de travailler sur davantage de sélectivité pour octroyer l'autorisation de mise sur le marché, justement pour diminuer la pharmacopée fran­çaise. Plus vous avez de médicaments en vente, plus vous avez de risques d'opacité sur le marché, de risques intermédicamenteux et de pressions commerciales sur les prescripteurs."
John Sutton