Médicaments : économies prévues dans le PLFSS 2014

Le gouvernement l'a promis à Bruxelles il y a quelques mois : dans la liste des secteurs dans lesquels il compte réaliser des économies dès l'année prochaine, la santé figure en bonne place. En effet, rappellent Les Echos (page 3), il s'est engagé à limiter la hausse des dépenses de santé remboursées à 2,6% en 2014, soit un peu moins que cette année (+ 2,7%).

Pour cela, il semble vouloir mettre l'accent sur le médicament, croient savoir Les Echos, notamment grâce à des économies inscrites dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2014, discuté à l'automne prochain. Le gouvernement agirait en particulier sur trois axes : les baisses de prix des médicaments, la maîtrise des volumes et l'encouragement à la consommation de génériques.

Ce n'est pas la première fois que le médicament est sollicité pour réaliser des économies. Au cours des huit dernières années, l'effort de l'industrie pharmaceutique s'est élevé à 1 milliard d'euros par an, rappelle le quotidien économique, voire à 1,2 milliard d'euros pour l'année 2012.

Il faut dire que, même si le médicament ne représente que 13% des dépenses de santé, il est "une source d'économies relativement facile à exploiter". Une baisse de leur prix produit en général un effet immédiat sur les comptes de la Sécurité sociale, et sa mise en œuvre est moins complexe qu'une réorganisation des hôpitaux ou que la maîtrise des volumes de consultations chez les professionnels de santé. Les Echos soulignent également les marges de manœuvre possibles dans ce secteur où les prix sont globalement plus élevés que la moyenne européenne et où certains produits onéreux, tels le Crestor® (anticholestérol) ou l'Inexium® (antiulcéreux), sont davantage prescrits que chez nos voisins européens.

Evidemment, une telle annonce ne réjouit pas l'industrie pharmaceutique. Elle fait notamment valoir que son chiffre d'affaires de l'an dernier est en recul de 3% pour les produits remboursables, ce qui la contraint à "détruire des emplois parmi les visiteurs médicaux, mais aussi désormais dans les usines".

Un bracelet expérimenté pour les malades d'Alzheimer
La ministre déléguée chargée des Personnes âgées, Michèle Delaunay, a annoncé hier le lancement d'une expérimentation de géolocalisation des malades d'Alzheimer, qu'ils vivent à domicile ou en maison de retraite. Dès cet été, indique Le Parisien/Aujourd'hui (page 14), dans trois départements restant à définir, un certain nombre d'entre eux seront dotés de bracelets et de pendentifs électroniques permettant de les retrouver en cas de fugue.

"Le coût de revient se situe autour de 40 euros par mois environ, prix d'un abonnement qui peut être résilié à tout moment", a déclaré la ministre, tout en indiquant que la question du remboursement n'est pas encore tranchée.

"S'il vise à protéger, cet outil sus­cite des réserves chez certains professionnels", ajoute La Croix (page 6). Un tel dispositif est en effet assimilable à une "surveillance électronique" susceptible de nuire à la liberté individuelle.

Une charte a donc été rédigée afin de fixer les limites de son utilisation. Son préambule précise que "cet appui des technologies ne doit en rien dériver vers un usage de supervision continue ou de ”pointage” des personnes concernées, en lieu et place des aides et interventions humaines adaptées, professionnelles ou non".

Le Comité de la bientraitance, à l'origine de cette charte, a tenu à ce que chaque personne donne son accord avant de porter un tel bracelet. De plus, elle pourra à tout moment le refuser si elle n'en veut plus. "Le recueil de son consentement est crucial", écrit le quotidien, et si elle n'est pas en état de donner son accord la décision reviendra "à sa personne de confiance ou à un parent ou un proche".

Enfin, un médecin devra aussi se prononcer sur l'attribution du bracelet, "après avoir constaté que la personne présente des difficultés ou des troubles des fonctions intellectuelles", a prévenu Michèle Delaunay.

Frédéric Lavignette