Médicaments à 15% : une liste provisoire

Selon Les Echos (page 4), le gouvernement aurait arrêté une "liste" de 171 médicaments (soit 627 présentations appartenant à 67 classes thérapeutiques), dont le taux de remboursement par la Sécurité sociale passera de 35% à 15%. La ministre de la Santé avait annoncé le 1er octobre son intention d’abaisser à 15% le taux de remboursement de 110 spécialités, dont elle attendait 145 millions d’euros d’économies par an pour l’assurance maladie.

La liste étant plus importante qu’initialement annoncée, les économies espérées seraient supérieures à cette première estimation. Selon le chiffrage réalisé par le département politique du médicament de la FNMF, elles s’élèveraient à 236 millions d’euros (lire Afim n° 3645 du 25 février 2010). Une économie encore hypothétique dans la mesure où cette liste n’est pas définitive, comme le reconnaissent Les Echos, qui rappellent les nombreuses étapes restant encore à franchir. En effet, l’Uncam vient d’adresser les premiers courriers aux laboratoires pharmaceutiques, qui disposent d’un mois pour faire connaître leurs observations et contester, le cas échéant, le passage de leurs médicaments à 15%.

Les premières décisions paraîtront au fil de l’eau au Journal officiel à partir d’avril ou mai. Les labos disposeront ensuite d’un délai pour écouler leurs stocks vignettés à 35%. En fin de compte, "les économies ne pourront pas intervenir avant mai ou juin", prévoient Les Echos.

Parmi les médicaments visés, les plus coûteux pour l’assurance maladie sont les vasodilatateurs, comme le Tanakan® (Ipsen), qui représente à lui seul 30 millions d’euros de remboursements pour la Sécu ! Parmi les autres produits, on trouve les antiseptiques Betadine® et Hexo­médine® ou encore l’antirhumatismal ART 50®.

Ces médicaments ont un service médical rendu (SMR) faible dans toutes leurs indications, ou insuffisant. S’appuyant sur les avis de la HAS, la Mutualité Française estime que lorsque le SMR d’un produit est insuffisant, il ne doit pas être pris en charge par la collectivité et que, dans ce cas, le remboursement à 15% "n’a aucun sens", rappellent Les Echos. "Nous avons décidé, au sein de la Mutualité Française, de ne plus rembourser les médicaments à service médical rendu insuffisant", a expliqué Jean-Pierre Davant ce matin sur RTL. "Nous avons donc pris une position de principe qui est d’inciter nos mutuelles à ne pas prendre en charge les médicaments à 15%." Une position qu’il a également défendue sur les ondes de RMC.

Généralistes : grève le 11 mars
Quatre syndicats de médecins généralistes libéraux (MG-France, Union généraliste, Union collégiale et SNJMG) ont appelé hier à la fermeture des cabinets médicaux le 11 mars prochain, pour réclamer davantage de moyens et dénoncer un "système de santé sans pilote et à la dérive", indiquent Les Echos (page 4). Ils appellent aussi à cesser de répondre au téléphone, tous les jours après 19 heures, à partir de lundi et à n’utiliser que des feuilles de soins papier pendant la journée du 8 mars. D’autre part, ils soutiennent et encouragent "les actions menées sur le terrain par les médecins généralistes en colère", à savoir notamment faire payer leur consultation 23 euros au lieu de 22. Des responsables des syndicats de généralistes demandent 3 milliards d’euros supplémentaires d’investissements pour améliorer l’exercice de la médecine générale libérale, qualifiée par le président de MG-France, Claude Leicher, d’"efficace, rentable et pas chère", rapporte Le Figaro-économie page 19.

Sabine Dreyfus et John Sutton