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Médicaments : « Les grands conditionnements relèvent du bon sens »

Les boîtes de médicaments de trois mois ne posent pas de problème d'observance et font faire des économies aux malades. Mais les pharmaciens sont réticents à délivrer ces grands conditionnements car leur marge bénéficiaire est inférieure. "Elles ont asséché [les caisses] des pharmacies", critique Le Moniteur des pharmacies n°2879 du 23 avril.

En 2004, l'introduction des grands conditionnements de médicaments était présentée comme la contribution des pharmaciens au plan de retour à l'équilibre des comptes de l'assurance maladie, rappelle Le Moniteur des pharmacies n° 2879 (23 avril), pages 24 à 30. "A défaut de renflouer significativement les caisses de la Sécu, ils ont asséché celles des pharmacies tout en stimulant la demande des patients les plus nécessiteux", critique de façon corporatiste cette revue professionnelle.

"Le forfait de 0,50 euro à la boîte a eu raison des comportements et tout arrêt, difficilement envisageable, serait vite perçu comme une mesure impopulaire, reconnaît néanmoins Le Moniteur. A un an de la présidentielle, aucun gouvernement ne prendrait ce risque." Sauf si le ministre de la Santé acceptait d'augmenter la marge bénéficiaire sur les grandes boîtes, comme le réclament deux des trois syndicats de pharmaciens.

La revue rappelle que "la Mutualité Française vante les grands conditionnements" et que la Cnam n'exclut pas de poursuivre leur développement. "Les grands conditionnements relèvent du bon sens et vont dans l'intérêt de tous les malades comme des professionnels de santé qui les prennent en charge, et bien sûr de l'intérêt général, du fait des économies générées", fait valoir le Dr Jean-Martin Cohen Solal, directeur général de la Mutualité Française.

Sans compter les effets positifs sur la bonne observance des traitements. "Pourquoi se priver de présentations qui permettent de soigner aussi bien et moins cher ?", lance-t-il, rappelant que celles-ci doivent s'adresser aux patients atteints de maladies chroniques dont les traitements sont bien équilibrés. Pour lui, "les pharmaciens doivent comprendre qu'ils ont tout à gagner d'un système de santé plus équilibré, tant en termes d'organisation qu'en termes budgétaires".

Du côté de la profession, si certains évoquent un "gaspillage" lié à ces grandes boîtes, Frédéric Laurent, président de l'Union nationale des pharmacies de France (UNPF), plaide pour "un contrat gagnant/gagnant avec les pouvoirs publics, dans lequel les pharmaciens auraient un objectif annuel de vente des grands conditionnements à atteindre, moyennant la mise en place d'une marge incitative".

John Sutton