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Mediator® : le directeur général de l’Afssaps sur le départ

Le Mediator® fait toujours la "une" de l'actualité. Ainsi, dans une lettre publiée par Libération (page 20), le directeur général de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) annonce son intention de démissionner de cet organisme.

Après sept années passées à la tête de cette agence, Jean Marimbert explique que la crise du Mediator® est bien entendu la cause de sa décision. Au passage, il rappelle qu'il est à l'origine de la suspension de l'autorisation de mise sur le marché de ce produit en novembre 2009 "après avoir retiré une de ses deux indications en juin 2007".

Dans cette lettre, il s'interroge également "sur ce qui aurait pu et dû être fait pour que l'usage et le mésusage de ce médicament cessent plus tôt". Par exemple, il admet que si des changements sont nécessaires, il ne faut pas extraire "la pharmacovigilance de l'agence en charge des produits de santé". Pour Jean Marimbert, "le système a péché à certains moments clés par un défaut d'intégration dans une analyse globale de toutes les données disponibles sur l'efficacité et le risque qui étaient susceptibles d'éclairer la prise de décision".

Dans cette affaire, il semble que certaines décisions ont été longues à prendre. "L'étude qui a contribué au retrait du médicament a mis près de neuf ans à être finalisée", fait valoir Le Figaro (page 11). Décidée en 2001, cette étude mettra du temps pour débuter. Le 1er février 2001, détaille le journal, Servier envoie "un courrier au Dre Anne Castot à l'Afssaps décrivant un protocole d'étude de 12 mois. (...) Mais les choses traînent en longueur". Un an sera alors nécessaire pour la mettre en place.

Puis il faudra un an et demi de plus pour recruter les patients. Et encore un an de suivi des patients sous Mediator®. Et une année de plus pour l'interprétation des résultats qui ont été présentés en mars 2010 au congrès de la Société française de diabétologie.

Si l'on en croit Le Canard enchaîné (page 3), la décision de suspendre le remboursement du Médiator® a également trainé en longueur. En mars 2006, explique l'hebdomadaire, Xavier Bertrand, alors ministre de la Santé "demande aux experts de la Haute Autorité de santé (HAS) leur avis sur les mérites d'une série de médicament dont le Mediator®". D'après le journal, "le verdict des spécialistes est sans appel" : le Mediator® ne présente "aucun intérêt de santé publique".

Malgré l'avis des spécialistes, le remboursement est maintenu par le ministre. Selon Le Canard enchaîné, deux conseillers du ministre avaient des liens avec le laboratoire Servier. Dans un communiqué publié hier, Xavier Bertrand se défend d'avoir eu connaissance de ces liens.

L'assurance-vie perd de sa cote
Les traditionnels contrats d'assurance-vie en euros sont de moins en moins rémunérateurs. Comme l'indique Le Figaro (page 18), l'Association française d'épargne et de retraite (Afer) a dévoilé un taux de rendement pour 2010 de 3,52%, soit 60 centimes de moins que les 4,12% de 2009. Il s'agit de la plus forte baisse de ces dix dernières années.

Dans ce secteur, quelques changements sont par ailleurs à prévoir, indique dans un entretien aux Echos (page 29) Cyrille Chartier-Kastler, le président de Facts & Figures. Selon lui, avec Solvabilité 2, l'assurance-vie va devoir en effet "revoir complètement son offre". D'ici dix ans, il estime que "le marché va se scinder en deux. Les fonds en euros destinés à une clien­tèle de masse offriront un rendement faible". Par conséquent, l'avantage qu'ils détenaient sur le Livret A, "dont les frais sont bien moindres, risque de s'amenuiser".
Frédéric Lavignette