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Médecins : vers une indispensable évaluation des pratiques

Le président de la Mutualité française, Jean-Pierre Davant, était l’invité vendredi de l’émission "C dans l’air", sur France 5. Intitulée "Les marchands de santé", elle était consacrée aux infections nosocomiales, ainsi qu’aux erreurs de diagnostics et aux accidents médicaux. Ces derniers sont évalués à 600.000 en France, dont 10.000 aboutiraient, chaque année, à des procédures à l’amiable ou judiciaires. La dernière affaire concerne 6.700 patients ayant subi des examens dans cinq cabinets de radiologie du département du Nord.

Après enquête, il s’est avéré que les règles d’asepsie n’avaient pas été respectées et que les examens n’avaient pas été effectués dans des conditions normales. Dès lors, se posent de nombreuses questions : comment choisir entre deux établissements celui où on pourra être le mieux soigné ? Comment s’informer des tarifs pratiqués, de la qualification des personnels et du respect des règles d’hygiène et de sécurité ?

Comme l’a rappelé cette émission, "la Mutualité française a rapidement réagi aux scandales d’Epinal et des cabinets radiologiques du Nord. Son initiative, baptisée Priorité santé mutualiste, consiste à lister les praticiens et les établissements qui respectent les règles de sécurité, de manière à garantir à ses adhérents des soins plus sûrs".

Comme l’a fait observer Jean-Pierre Davant, "la France n’a pas la culture de l’évaluation des pratiques et des techniques médicales". Avant d’ajouter : "Les connaissances des médecins ne sont pas suffisamment vérifiées au cours de leur carrière. Nous avons un énorme retard dans ce domaine, ce qui entraîne des dysfonctionnements importants dans notre système de soins." Concernant Priorité santé mutualiste, le président de la Mutualité française a indiqué qu’il sera signé des accords "au niveau régional, avec des établissements sélectionnés à partir de critères de qualité et avec lesquels nous aurons passé des conventions sur les tarifs". Jean-Pierre Davant a précisé que "ce dispositif fonctionnera à partir d’une plate-forme téléphonique, consultée par nos adhérents dans toute la France". Pierrick Hordé, allergologue, partage le constat et la démarche de la Mutualité. "C’est vrai qu’en France nous n’avons pas encore la culture de l’évaluation de la formation. Aujourd’hui, un médecin peut exercer pendant 30 ou 40 ans sans subir aucun contrôle, contrairement à nos voisins européens ou aux Etats-Unis", regrette-t-il.

Etats généraux de l'organisation des soins
La première réunion régionale des Etats généraux de l’organisation des soins a réuni, vendredi à Rennes, professionnels de santé, syndicats de médecins, élus et usagers des soins. Dans un entretien au Monde (page 8), Pierre-Jean Lancry, directeur santé de la MSA et vice-président du Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (HCAAM), dénonce la mauvaise répartition des médecins. "Certains territoires, zones rurales ou périurbaines, sont dotés, voire désertifiés, quand d’autres sont surdotés", constate-t-il. Il propose de développer de "nouveaux modes d’exercice médical", comme "le travail en groupe et pluridisciplinaire, dans le cadre de maisons de santé, avec des transferts de compétences entre médecins et infirmières". "Les soins de premiers recours doivent être exercés par les généralistes et d’autres professionnels de santé, comme les infirmières", estime-t-il. Pierre-Jean Lancry estime également qu’il faut "développer des réseaux de prise en charge des patients, comme les réseaux gérontologiques".

La prochaine réunion se tiendra le 1er février à Châlons-en-Champagne. La synthèse nationale doit avoir lieu le 8 février prochain. Elle devrait aboutir à un projet de loi sur la modernisation du système de soins avant l’été.

John Sutton