Médecins : réunion à l’Elysée

Parce que le projet de loi "Hôpital, patients, santé, territoires" (HPST) suscite de vives tensions chez les médecins hospitaliers, Nicolas Sarkozy a préféré calmer le jeu. Pour cela, le président de la République a rencontré mercredi à l’Elysée, pendant deux heures, plusieurs de ces médecins, principalement des professeurs d’université, afin d’évoquer la future gouvernance de l’hôpital, motif central de leur contestation. Ils s’opposent à un amendement au projet de loi qui propose de renforcer le pouvoir des directeurs d’hôpitaux.

"Ce n’est qu’un malentendu", leur a répété le président de la République, raconte Libération (page 12). Le chef de l’Etat a promis de lever ces "malentendus rédactionnels" de la loi, complète Le Monde (page 10). Pour cela, un groupe de travail sera mis en place sous l’égide de son conseiller social, Raymond Soubie. Ainsi, explique La Tribune (page 5), "dans les dix prochains jours, des formulations consensuelles sur l’implication de la communauté médicale dans le processus de décision à l’hôpital" devraient être trouvées.

A l’issue de cette réunion, les représentants des médecins hospitaliers se sont déclarés satisfaits. Selon le président de la commission médicale des hôpitaux de Paris, Pierre Coriat, interrogé par Libération, Nicolas Sarkozy a cependant maintenu son idée d’un seul patron à l’hôpital. "Il nous a dit que l’exécutif, c’est-à-dire le directeur, doit être fort à l’hôpital. Mais que le projet médical, bien sûr, doit être élaboré par la communauté des médecins. Cela va dans le bon sens."

De son côté, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a déclaré jeudi sur BFM-TV et RMC que le texte était "bien sûr perfectible" et qu’il sera amélioré au Sénat. "Nous clarifierons les choses pour garantir que le projet d’un établissement hospitalier est bien un projet médical", a-t-elle ajouté.

"Mais il n’est pas certain que cela suffise à contenter les médecins en colère, regroupés au sein du Mouvement de défense de l’hôpital public", estiment Les Echos (page 3). Pour Bernard Granger, professeur de psychiatrie à Cochin et membre du bureau de ce Mouvement, "cette réunion à l’Elysée, avec des médecins qui ne sont pas représentatifs, est une manoeuvre pour essayer de désamorcer la mobilisation". Pour ces médecins, le texte doit réaffirmer "noir sur blanc" le rôle de la commission médicale d’établissement (CME), qui représente le corps médical dans les hôpitaux.

Emploi des jeunes : l’urgence d’un plan
"En un an, le chômage des jeunes, déjà structurellement plus élevé en France qu’ailleurs, a bondi de 32%. Ils sont aujourd’hui 434.000 en recherche d’emploi et le gouvernement craint que ce chiffre n’atteigne 600.000 si rien n’est fait", indiquent Les Echos (page 2). Face à cette situation, le président de la République doit présenter aujourd’hui un plan d’urgence.

Selon Libération (pages 2 à 5), ce plan comporte trois volets : "des aides pour booster les contrats d’alternance (apprentissage et professionnalisation), des incitations à l’embauche de stagiaires et le lancement d’un “contrat passerelle” pour faciliter l’insertion des jeunes". Afin de mettre en oeuvre ce dispositif, un peu plus d’un milliard d’euros sera engagé, "dont 500 millions déjà budgétés en 2009", ajoute Le Figaro (page 19).

Frédéric Lavignette