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Médecins généralistes : consultation à 23 euros en 2011

Le tarif de la consultation chez le médecin généraliste passera de 22 à 23 euros au 1er janvier 2011. Nicolas Sarkozy a annoncé la mesure vendredi 16 avril, lors d’une rencontre avec des professionnels de santé à Livry-Gargan, en Seine-Saint-Denis. Pour Les Echos (page 4), "c’est ce qu’on appelle un virage à 180 degrés". Il y a quelques semaines encore, explique en effet le quotidien, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, comme le directeur de l’assurance maladie, Frédéric Van Roekeghem, s’opposaient à cette revalorisation.

Pour La Tribune, la décision du président de la République a une forte composante politique après "la débâcle" de l’UMP aux élections régionales. Le chef de l’Etat veut "se réconcilier avec les médecins libéraux, électorat traditionnel de la droite", ajoutent Les Echos.

Financièrement, "le passage de la consultation à 23 euros devrait coûter 250 millions par an", calcule Le Monde (page 10). "C’est certes très peu par rapport aux 160 milliards de dépenses de santé remboursées", commentent Les Echos, mais cela "rend encore plus difficile à tenir" l’objectif d’une "progression annuelle des dépenses d’assurance maladie de moins de 3%".

La décision a aussi "une forte portée symbolique" : "Les généralistes pourront aussi tarifer autant que les spécialistes dès lors qu’ils ont obtenu la qualification de spécialiste en médecine générale", ce qui est "une forme de reconnaissance". "Il convient de rappeler que, depuis une loi votée en 2002, la médecine générale est considérée comme une spécialité", précise La Croix (page 11). Suffira-t-elle à inciter les jeunes médecins à choisir cette orientation ? "Rares sont ceux qui choisissent l’exercice libéral", rappelle Le Monde, avec pour conséquence un "accroissement des zones sous-dotées en médecins".

Pour améliorer cette situation, Nicolas Sarkozy vient de confier à Elisabeth Hubert une concertation sur la médecine de proximité. Médecin généraliste, ministre de la Santé en 1995, Elisabeth Hubert est présidente de la Fédération des établissements d’hospitalisation à domicile, rappellent Les Echos. "Nous avons déjà une boîte à outils très complète pour faire évoluer l’exercice de la médecine libérale", estime-t-elle, interrogée par Vincent Collen. Pour elle, il est temps de "développer la rémunération au forfait, notamment pour le suivi des pathologies chroniques".

Baisse du remboursement de 150 médicaments
C’est donc vendredi que la liste des médicaments dont le taux de remboursement passe de 35% à 15% a été publiée au Journal officiel. Pour ces quelque 150 produits, "la Haute Autorité de santé a jugé que le ″service médical rendu″ était insuffisant ou faible dans l’ensemble de leurs indications, précisent Les Echos (page 4). Ils seront étiquetés d’une vignette orange". "La décision de baisser le remboursement de certains médicaments avait été inscrite dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2010", rappelle Le Monde daté du 17 avril (page 11). Cette opération est "censée permettre une économie de 145 millions", signale Le Figaro du week-end (page 17). "L’impact pour les mutuelles et les assurances privées est difficile à déterminer", soulignent Les Echos.

La position de la Mutualité Française est sans ambiguïté : "Sa fédération s’est opposée à l’instauration du nouveau taux et a appelé les mutuelles à ne pas prendre en charge la nouvelle catégorie" de médicaments, indique Le Monde. Le mouvement mutualiste s’élève en outre contre le manque de clarté du dispositif public : "Nous plaidons pour que soit mise en place une grille lisible", explique le président de la Mutualité Française à la journaliste du Monde. "Cela pourrait prendre la forme d’un taux unique pour l’ensemble des médicaments utiles, avec prise en charge par les mutuelles du ticket modérateur", poursuit Jean-Pierre Davant.

"Remplaçons les médicaments qui sont aujourd’hui dépassés par des médicaments qui sont jugés efficaces", a insisté, pour sa part, le directeur général de la Mutualité Française, Jean-Martin Cohen Solal, interviewé samedi dans le 19-20 de France 3.

Milène Leroy