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Médecins et chirurgiens hospitaliers : des revenus toujours en hausse

Des écarts de revenus allant de 1 à 10, les radiologistes et les anesthésistes parmi les spécialistes les mieux payés, des inégalités importantes dans les hôpitaux publics comme dans les cliniques privées... Le rapport de l'Igas sur "la rémunération des médecins et chirurgiens hospitaliers", révélé aujourd'hui par Les Echos (page 4) et Le Parisien/Aujourd'hui (page 5), ne pouvait pas mieux tomber, huit jours avant le début de l'examen du projet de loi "Hôpital, patients, santé et territoires" (HPST) à l'Assemblée nationale. L'enquête, commandée par la ministre de la Santé début 2008, "survient en plein bras de fer entre le gouvernement et les syndicats de médecins sur les dépassements d'honoraires et sur le manque de moyens des établissements", soulignent Les Echos. Au moment aussi, où la négociation sur la convention médicale paraît sur le point d'échouer.

Les revenus des médecins de ville et hospitaliers continuent de progresser fortement, pour atteindre une hausse de 7,3% pour les spécialistes libéraux entre 2002 et 2006, précise Le Parisien. Globalement, les généralistes sont les plus mal lotis. En haut de l'échelle, se situent les spécialistes pour lesquels les actes techniques représentent la plus grande part des honoraires, comme les radiologistes ou les anesthésistes. Ces derniers comptent paradoxalement comme les plus revendicatifs, avec les urgentistes. Plus bas, viennent les spécialités à dominante clinique comme la psychiatrie ou la pédiatrie.

"Les systèmes actuels de rémunération, tant du public que du privé, ne prennent pas assez en compte la croissance des pathologies chroniques demandant une prise en charge globale, l'évolution préoccupante de la démographie médicale et le cloisonnement important entre établissements hospitaliers et médecine de ville", estiment les auteurs du rapport. Autre élément pointé par l'Igas : les dépassements d'honoraires, à l'origine des "fortes disparités inter et intra-disciplinaires". Ils représentent 31% des honoraires en chirurgie et 43% en stomatologie.

Comment remédier à cette situation ? L'Igas préconise de fonder davantage la rémunération des médecins sur la base d'une analyse de l'activité médicale et de ses résultats. Elle propose aussi une refonte totale de la tarification des 7.200 actes médicaux, afin de rééquilibrer les rémunérations entre spécialités. Autres propositions : renforcer la transparence sur les tarifs, réguler les dépassements d'honoraires qui continuent de déraper et contrôler les activités libérales à l'hôpital public, via des "chartes de déontologie" dans chaque établissement.

L'éditorialiste des Echos (page 16), Dominique Seux, estime que le rapport de l'Igas provoque "un joli effet boomerang", après la polémique sur les moyens de l'hôpital. "L'enquête montre en filigrane que l'écart se creuse entre trois types de médecine : celle du court terme et des actes techniques", qui "procure de hauts revenus". La seconde, dite "de confort" (...) est réservée aux patients les plus aisés. La troisième, "qui prend en charge les malades dans la durée et globalement (...) est moins favorisée". "Rien ne justifie cette rupture en marche", conclut Dominique Seux.

Les filles boivent de plus en plus
Les quantités moyennes d'alcool consommées en France par les filles ont augmenté de 8% depuis 2001 (10,6 verres par mois), tandis que celles des garçons ont diminué de 10% (26,8 verres par mois), selon les résultats d'une enquête de l'Institut de recherche scientifique sur les boissons (Ireb). "On note dans notre pays une augmentation de la consommation régulière (au moins dix fois dans le mois), mais pas d'augmentation des ivresses répétées et de la recherche d'ivresse", précise, dans Le Journal du dimanche (page 11), Marie Choquet, directrice de recherche à l'Inserm et présidente du comité scientifique de l'Ireb. La France est-elle épargnée par le "binge drinking" (boire le maximum d'alcool en un minimum de temps) ? "Les chiffres ne sont pas aussi élevés que dans le nord de l'Europe. (...) Mais la consommation ou l'expérimentation des ivresses à un âge jeune sont en hausse", estime Etienne Apaire, président de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et les toxicomanies (Mildt), dans le JDD.

John Sutton