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Médecins : Nicolas Sarkozy promet une « grande concertation »

"Depuis trois ans, l'essentiel de nos efforts a porté sur l'hôpital et les personnels hospitaliers, le temps est venu d'attacher la même attention à la médecine de proximité", a notamment déclaré hier Nicolas Sarkozy, à la sortie du Conseil des ministres, rapportent Les Echos (page 4). "Je sais les difficultés auxquelles les médecins se trouvent confrontés. Une grande concertation va s'engager pour déterminer comment ces difficultés peuvent être résolues de façon structurelle", a ajouté le chef de l'Etat, cité dans Le Figaro (page 4). "Le temps n'est plus aux rustines", a-t-il insisté.

Le président de la République avait déjà demandé en janvier au président du Conseil national de l'ordre des médecins, Michel Legmann, de conduire une mission pour "inventer un nouveau modèle de soins de premier recours", rappelle La Croix (page 3). Son rapport, prévu initialement pour fin mars, est attendu dans les prochaines semaines.

"Le chef de l'Etat semble avoir enfin pris la mesure de la colère des médecins libéraux", a réagi Michel Chassang, président de la CSMF, qui réclame néanmoins, avant de s'engager dans la concertation, "un premier geste, en faisant appliquer les accords conventionnels signés" (Les Echos). "Des actes, Monsieur le président !", renchérit le président de MG-France, Claude Leicher. Ce syndicat de généralistes maintient son appel à une nouvelle journée de mobilisation le 8 avril prochain. Une date symbolique, souligne Le Figaro, puisque c'est ce jour-là que la Cour de cassation doit indiquer si les généralistes titulaires de la spécialité médecine générale ont le droit de facturer leurs consultations au même tarif que les spécialistes.

Nicolas Sarkozy est conscient de la crise de confiance qui s'est installée avec le corps médical, souligne La Croix. Un sondage Ifop, publié par Le Quotidien du médecin, juste avant le premier tour des régionales, montrait que seulement un tiers des médecins avait l'intention de voter pour l'UMP. Dans un sondage identique, réalisé juste avant l'élection présidentielle de 2007, ils étaient 75% à déclarer voter en faveur de Nicolas Sarkozy.

Concernant la réforme des retraites, le président "s'est voulu rassurant" selon La Tribune (page 5). "Je ne passerai pas en force", a-t-il promis hier. Mais le chef de l'Etat veut faire adopter la réforme "avant six mois". Un calendrier plus serré qu'il ne veut bien l'admettre, souligne le quotidien économique : un projet de loi sera bouclé avant l'été pour être adopté en Conseil des ministres avant fin août, débattu en septembre à l'Assemblée pour être voté avant l'examen du Budget.

Baisse des maladies nosocomiales
Une étude menée dans les hôpitaux de l'Assistance publique de Paris montre une baisse de 35% des staphylocoques dorés multirésistants à la méthicilline (SARM), entre 1993 et 2007, annonce Le Figaro (page 16). Ces résultats sont publiés dans les Archives of Internal Medicine, une des publications du prestigieux Journal of the American Medical Association (Jama). En quatorze ans, le nombre de SARM a chuté de 60% en réanimation, de 50% en chirurgie et 40% en médecine générale. "Aujourd'hui, nous sommes encore loin des résultats des pays du Nord. Nous avons encore besoin de vingt ans de travail pour atteindre leur niveau", nuance l'auteur de l'article du Jama, le Pr Vincent Jarlier de la Pitié-Salpêtrière à Paris.

Cinquante mille cas de staphylocoques sont recensés en France chaque année. L'amélioration des procédures d'hygiène n'explique pas tout. La baisse des infections est aussi liée à un usage mieux ciblé des antibiotiques. En trois ans, leur consommation a baissé de 20%. "Il y a encore beaucoup de travail pour habituer les médecins hospitaliers à renoncer à une classe de médicaments qu'ils trouvent merveilleux", conclut le Pr Jarlier.
John Sutton