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Médecin : un métier à risque

Mardi matin, au moment des consultations, une gynécologue de Pierrefitte (Seine-Saint-Denis) a été attaquée dans son cabinet. L'auteur des faits, qui entendait lui dérober son sac, l'a frappée à la tête et lui a fracturé la main.

"Ce nouvel acte de violence a ravivé l'émoi de la communauté soignante", observe Le Parisien/Aujourd'hui (page 17). Aussi, par solidarité et pour afficher publiquement leur inquiétude, les professionnels de santé appellent à un rassemblement vendredi 4 mars devant le cabinet de la gynécologue.

Il faut dire que depuis le début de l'année, les agressions se succèdent, note le quotidien. Fin janvier, c'est un médecin appelé en pleine nuit pour une consultation dans la même ville qui se fait dérober violemment son téléphone. Jeudi dernier c'est une gynécologue-obstétricienne de la clinique de Soyaux (Charente) qui se fait agresser à l'arme blanche. Mardi, c'est un médecin gastro-entérologue qui est poignardé à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne).

Dans un reportage réalisé en banlieue, Le Monde de mardi (page 17), évoquait déjà le "SOS" des médecins. Face aux violences rencontrées dans l'exercice de leur profession, les praticiens de la périphérie de Paris se mobilisent. "Plus personne ne peut ignorer le problème", indique le quotidien. En trois mois, ces médecins ont recueilli 6 500 signatures sur une pétition de soutien, soit 10 % des habitants de Pierrefitte-sur-Seine.

Les élus aussi sont inquiets pour l'accès aux soins de la population, observe Le Monde. "Nous demandons plus de policiers", affirme Michel Fourcade, le maire PS de Pierrefitte-sur-Seine, qui envisage également la création d'une maison de santé regroupant des professionnels. De leur côté, les médecins réclament la sécurité de leur ville "avec plus d'éclairage ou de caméras autour des cabinets". Dans le même élan, ils demandent à ce que les agressions soient reconnues comme accidents du travail ou un soutien financier compensatoire.

Ce sentiment d'insécurité "n'est pas sans conséquences sur la démographie médicale déjà en souffrance dans certaines zones", note à son tour Le Figaro d'aujourd'hui (page 9). En effet, les agressions motivent non seulement le départ des médecins mais aussi celui des infirmières ou des pharmaciens, quitte à briser la chaîne de santé.

Actuellement, indique le quotidien, la Seine-Saint-Denis, le Val-d'Oise, l'Isère, la Seine-Maritime, le Nord ou le Val-de-Marne sont les départements où les actes de violence contre le corps médical sont les plus nombreux. Pour les seuls généralistes libéraux, l'Observatoire de la sécurité des médecins notait déjà en 2009 une aggravation des violences, verbales ou physiques. Le plus souvent elles émanaient du patient lui-même. Cette tendance à la hausse devrait se confirmer dans les chiffres 2010 en cours d'analyse.

Alcoolisme étudiant : constat alarmant
"Briser la loi du silence autour des pratiques dégradantes." C'est ce à quoi s'attache le rapport que Martine Daoust remet aujourd'hui à la ministre de l'Enseignement supérieur.

Préoccupée par les dérives observées dans les fêtes de certaines universités et grandes écoles, Valérie Pécresse avait demandé en septembre à la rectrice de l'académie de Poitiers de lui rédiger un rapport sur l'alcoolisme étudiant, ra­conte Le Figaro (page 10).

Dans ce document, Martine Daoust se penche sur les dégâts provoqués par l'abus d'alcool lors de ces manifestations (viol, défenestration, comas éthyliques…) avec "la complaisance de tous, y compris des établissements". "Cer­tains événements festifs sont des espaces de non-droit", constate-t-elle, tout en reconnaissant que "toutes les expériences de prohibition se sont soldées par un échec".

Pour y remédier elle avance trois pistes de réflexion. La première vise à déclarer chacune de ces manifestations auprès de la préfecture et/ou de la mairie, pour assurer la sécurité des participants. La deuxième s'appuie sur l'organisation de contrôles-surprises pen­dant les fêtes, afin de noter si le cadre juridique n'a pas été détourné, notamment en ce qui concerne les open-bars. Enfin, elle propose de "dispenser des modules de formation qui compteraient dans l'obtention d'une licence ou d'un master".
Frédéric Lavignette