Mauvaise presse pour les génériques

En cette fin d'année, les génériques ne sont pas à la fête dans les journaux. Alors que Le Figaro (page 28) se penchait samedi sur leur prix, Le Parisien/Aujourd'hui (pages 2 et 3) titre ce matin sur "la crise de confiance" entre les Français et ces médicaments.

En s'appuyant sur un sondage réalisé par Ifop pour un groupement de pharmaciens appelé PHR, le quotidien note que "la confiance des Français dans les médicaments génériques est en baisse de dix points par rapport à l'an dernier". En 2011, ils étaient en effet 71% à estimer que les génériques étaient aussi sûrs que les originaux, contre 61% aujourd'hui.

Dans la foulée, Le Parisien/Aujour­d'hui rapporte que 4 personnes interrogées sur 10 (39%) sont "sceptiques sur le fait qu'ils soient aussi efficaces que les originaux". Un résultat qui induit par conséquent une majorité de personnes satisfaites…

Le scepticisme de nos concitoyens, renchérit Le Parisien/Aujourd'hui, est renforcé par le fait que ces génériques "sont pour l'essentiel fabriqués à l'autre bout du monde dans des conditions difficilement contrôlables". D'après un observateur, 80% des principes actifs des génériques seraient fabriqués en Chine et en Inde où les sites de production sont très peu contrôlés. Toutefois, remarque le quotidien, 50% des médicaments princeps sont également fabriqués dans ces pays.

"Ces résultats ne doivent pas faire oublier que le générique est un produit sûr", explique Lucien Bennatan, président du PHR. Et cela, même si certains patients mentionnent l'existence de quelques effets secondaires. Mais le reproche majeur des Français vis-à-vis de ces produits est d'un autre ordre. En effet, "une personne sur deux (46%) critique la nouvelle disposition qui oblige à avancer l'argent si on refuse un générique au profit d'un princeps".

"Dans un pays lourdement endetté", l'économie engendrée par les génériques est évidente pour l'assurance maladie, ajoute Le Parisien/Au­jourd'hui. Pour autant, indique une autre étude commandée par l'Union nationale des organismes d'assurance maladie complémentaire (Unocam), et que dévoilait samedi Le Figaro, le prix des génériques serait plus élevé en France que chez nos voisins européens. En 2010, "les généricables sont 16% plus chers en France que dans les 4 pays de référence", que sont l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie et le Royaume Uni, constate l'Unocam

Réduire la fracture sociale
Une conférence nationale s'ouvre aujourd'hui à Paris sur le thème de la pauvreté à l'heure où, en France, 8,6 millions d'habitants vivent sous le seuil de pauvreté. Ce seuil correspond à 60% du revenu médian, soit 964 euros pour une personne seule, indique Libération (pages 12 et 13).

Afin d'améliorer la situation des personnes en difficulté, le gouvernement a décidé de revaloriser sur cinq ans le RSA, actuellement fixé à 418 euros maximum, poursuivent Les Echos (page 4). L'exécutif devrait également annoncer un nouveau dispositif ciblé sur les jeunes : le contrat d'insertion dans la vie sociale (Civis).

Le gouvernement souhaite également améliorer l'accès aux soins des personnes défavorisées. "Aujourd'hui, indique La Croix, 15% de la population renonce à se soigner pour des raisons financières." Le Premier ministre souhaite étendre la loi de 1999 instaurant la couverture maladie universelle (CMU) et la CMU complémentaire (CMU-C). Cette dernière, rappelle le journal, permet aux patients disposant de 630 euros par mois pour une personne seule de se faire soigner gratuitement sans avance de frais.

Frédéric Lavignette